Plusieurs sources, dont une au sein du gouvernement éthiopien, ont confirmé l’existence de ce camp d’entraînement, dont la construction aurait été financée par les Émirats arabes unis (EAU), qui auraient fourni également des instructeurs militaires et apporté un soutien logistique. Depuis son activation, ce camp d’entraînement situé près de la ville d’Asosa, dans la région de Benishangul Gumuz, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec le Soudan, aurait accueilli plus de 4 300 volontaires pour suivre une formation militaire. Ces recrues, principalement éthiopiennes, mais aussi soudanaises et sud-soudanaises, doivent servir à renforcer les RSF du général Mohammed Hamdan Daglo, dit Hemetti (petit Mohamed) dans l’État soudanais du Nil Bleu. Elles font face aux forces gouvernementales des Sudanese Armed Forces (SAF) du général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’État de facto et président du Conseil de souveraineté de transition. Par ailleurs, des images satellites ont montré la construction récente d’un centre de contrôle de drones à l’aéroport d’Asosa. Le gouvernement éthiopien n’a ni confirmé ni réfuté l’existence de ce camp d’entraînement des RSF sur son territoire, alors que les EAU ont déclaré ne pas être impliqués d’une quelconque manière dans la guerre civile au Soudan. Quoi qu’il en soit, d’après plusieurs sources, l’Éthiopie a été accusée au cours de ces derniers mois de laisser transiter sur son sol du matériel militaire envoyé par les EAU, destiné aux paramilitaires soudanais des RSF.
