Alors que, depuis déjà quelques années, les incursions maritimes et aériennes chinoises autour de son territoire sont devenues quasi quotidiennes, Taïwan a mené un grand exercice militaire afin de préparer ses troupes à un risque d'invasion à grande échelle.
En effet, les manœuvres d’intimidation chinoises étant désormais une habitude pour l’île « rebelle » que Pékin souhaite récupérer — par la force si nécessaire —, les forces armées taïwanaises ont mené tout récemment des exercices militaires avec l’objectif de se préparer à un scénario précis : celui de manœuvres chinoises qui se transformeraient en invasion à grande échelle. C’est ce qu’a confirmé du reste le ministère taïwanais de la Défense, annonçant le lancement de ces exercices d’une durée de cinq jours et définis « de préparation au combat immédiat ». Les médias locaux ont présenté ces exercices combinés comme une répétition générale en vue d’une éventuelle attaque de la Chine. Ils visaient à tester les capacités de réaction de l’armée taïwanaise, et se sont déroulés sur l’ensemble du territoire, notamment sur les plages et en zone urbaine. Depuis plusieurs années, Pékin pratique ce que Taïwan appelle la « stratégie de la zone grise », un harcèlement quotidien qui flirte avec la ligne rouge sans jamais la franchir. Un des derniers exemples est l’envoi, le 9 juillet dernier, de vingt-huit avions militaires, notamment des chasseurs J-10, dont 20 ont franchi la ligne médiane du détroit, ainsi que de huit bâtiments de guerre de la marine de l’APL et de cinq navires des gardes-côtes à proximité de Taïwan.
À Taipei, la principale inquiétude est de voir ces incursions ou manœuvres chinoises se transformer en véritable opération militaire et prendre de court les forces armées taïwanaises. Si Taïwan a augmenté significativement le budget alloué à ses forces armées, celles-ci restent toutefois fortement dépendantes des importations américaines. Cela étant, l’administration Trump n’a toujours pas validé le contrat de livraison d’armes supplémentaires à Taïwan pour une valeur de 14 milliards de dollars, axé principalement sur la défense sol-air et la lutte anti-drone. En fait, le président américain est soucieux de préserver ses relations avec son homologue chinois, Xi Jinping, attendu à Washington en septembre pour un sommet historique.
