Le Conseil fédéral a chargé le département de la Défense, de la Protection de la population et des Sports (DDPS) d'entamer des négociations contractuelles avec des industriels de trois pays en vue d'acquérir un deuxième système de défense sol-air à longue portée comparable au système Patriot déjà commandé, pour lequel la Suisse a déjà versé 650 millions de francs suisses à titre d'acompte.
Ayant impérativement besoin d’une capacité de défense aérienne avant 2030 et les MIM-104 Patriot tardant à venir, Berne a entrepris cette démarche auprès d’Israël, de la France et de la Corée du Sud. La liste des fournisseurs potentiels s’est réduite depuis que la solution allemande, l’IRIS-T SLX de Diehl Defence pour la précision, a été finalement écartée, après l’examen des données reçues dans le cadre d’une demande d’informations émise au printemps dernier. Si les systèmes envisagés par la Suisse n’ont pas été précisés, le choix, d’après plusieurs sources, devrait se faire entre le L-SAM sud-coréen de Hanwha Aerospace, le David’s Sling israélien de Rafael, voire le Barak MX d’Israel Aerospace Industries et le SAMP/T NG (sol-air moyenne portée/terrestre de nouvelle génération) du consortium franco-italien Eurosam. Pour rappel, ce dernier avait été écarté en 2021 au profit du Patriot. « Compte tenu de la détérioration de la situation en matière de sécurité, la Suisse doit être rapidement en mesure de se défendre contre les attaques à distance », a affirmé le DDPS. « C’est pourquoi le Conseil fédéral continue ses démarches en vue de l’acquisition d’un second système, lequel permettrait de réduire la dépendance vis-à-vis d’un seul fournisseur et d’une chaîne d’approvisionnement unique », a-t-il ajouté. Outre les considérations sur les performances des systèmes potentiellement en lice, l’industriel retenu « devra, dans la mesure du possible, produire à moyen terme en Suisse ou en Europe les missiles et les systèmes de conduite, ou tout au moins leurs composants critiques », a précisé, de son côté, le Conseil fédéral. En outre, a ajouté ce dernier en guise de conclusion, « les critères déterminants seront la disponibilité rapide et garantie, la capacité effective de protection contre les menaces à distance, la compatibilité avec le contexte d’engagement suisse, ainsi qu’un approvisionnement fiable en munitions et en pièces de rechange ». Affaire à suivre donc.
