Les Forces armées du Niger (FAN) ont réorganisé leur dispositif à la frontière avec l'Algérie et le Tchad, mettant en place deux états-majors tactiques distincts afin d'améliorer l'efficacité de leurs interventions dans le cadre de l'opération Garkoua (Bouclier) menée contre les groupes armés jihadistes.
« Face à l’évolution des menaces sécuritaires et à l’immensité du théâtre d’opérations sahélo-saharien, l’opération “Garkoua” a été restructurée afin de gagner en efficacité, en réactivité et en coordination opérationnelle », a expliqué le porte-parole des FAN. Le premier état-major tactique, celui de Caras, exercera ses activités dans les départements d’Arlit et d’Iferoan, à la frontière avec l’Algérie ; le second, celui de Klafouki, dans le département de Bilma, à la frontière avec le Tchad. Cette réorganisation répond à la nécessité de densifier le maillage sécuritaire, d’optimiser le commandement de proximité et de mieux faire face aux menaces multiples dans cette vaste zone désertique. Néanmoins, si les appellations changent, les missions des FAN restent les mêmes, à savoir protéger les populations, sécuriser le territoire et maintenir une pression opérationnelle constante sur l’ensemble de la zone. Avant cela, le ministre nigérien de la Défense, Salifou Modi, avait affirmé que la sécurité dans le pays était stable, mais que les Forces armées nigériennes étaient actuellement engagées dans diverses missions de sécurité, y compris la protection d’infrastructures cruciales, telles qu’un oléoduc s’étendant sur plus de 1 200 kilomètres. Depuis plus d’une décennie, des branches de l’État islamique et d’Al-Qaïda opèrent dans la région, déstabilisant la situation au Mali et dans les pays voisins, le Burkina Faso et, justement, le Niger. Pour rappel, fin mai dernier, les FAN ont pris livraison de matériel militaire en provenance des États-Unis pour un montant total de 2,3 millions de dollars. Somme toute symbolique, cette livraison est intervenue deux mois après la visite à Niamey de Nick Checker, responsable du Bureau des Affaires africaines au département d’État américain. Une visite qui avait amorcé un réchauffement entre les deux pays afin de rétablir avec le Niger un partenariat mis à mal après le coup d’État de juillet 2023.
