Un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) a procédé avec succès au tir d'un missile stratégique équipé d'une ogive d'entraînement en direction des eaux internationales du Pacifique Sud, a annoncé le capitaine de vaisseau Wang Xuemeng, le porte-parole de la composante navale de l'Armée populaire de libération (APL).

Comme à l’accoutumée, Pékin n’a livré que très peu de détails sur ce tir, si ce n’est qu’il a été effectué par un SNLE appartenant probablement à la classe Jin ou Type 094 (la Chine en compte au moins six), et que le missile est « tombé dans la zone maritime prédéfinie ». Quant au missile en question, il pourrait s’agir du nouveau JL-3, dont la portée est estimée entre 11 000 et 13 000 km ; la photographie du tir ne permettant pas de le confirmer, d’autant plus qu’il est difficile de différencier ce dernier du modèle précédent JL-2. Cet essai a eu lieu le jour où les marines chinoise et russe ont débuté leur exercice naval annuel au large de Qingdao, grand port militaire et station balnéaire de l’est de la Chine. Rien ne permet à ce stade de lier les deux événements. « Ce tir d’essai s’inscrit dans le cadre des exercices militaires annuels de routine de la Chine », a indiqué la marine chinoise dans son communiqué, précisant « qu’une notification préalable a été adressée aux pays concernés, conformément au droit international et aux pratiques internationales ». Cela étant, il s’agit d’une rare démonstration des capacités militaires chinoises dans le Pacifique Sud, une région stratégique où les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, puissances traditionnellement dominantes, s’inquiètent de l’influence croissante de la Chine. Au cours de ces dernières décennies, Pékin a renforcé sensiblement ses capacités militaires en termes de missiles balistiques et d’armement nucléaire. Selon les estimations datant de 2025 de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la Chine compterait 600 armes nucléaires, soit 100 de plus qu’en 2024. À ce rythme, elle devrait posséder 700 ogives nucléaires d’ici à 2027 et un millier d’ici à 2030.