En décembre dernier, Armasuisse avait fait savoir que le pistolet proposé par SIG-Sauer avait été sélectionné aux dépens du Glock G45 Gen 5 et du Heckler und Koch SFP9 et qu’un premier lot de 50 000 exemplaires allait être commandé pour remplacer progressivement les P75 actuellement en dotation. « Dans le cadre des essais techniques, un protocole d’essai standardisé et reconnu a été appliqué et le SIG-Sauer P320 a satisfait à tous les aspects liés à la sécurité lors des tests », avait justifié Armasuisse. Or, cette décision fait polémique après que le site d’information Watson a révélé les résultats des évaluations menées par Armasuisse. Si ces derniers avaient été pris en compte, le choix aurait dû se porter sur le Glock 45 Gen 5, celui-ci ayant obtenu une note globale de 7/10, alors que le P320 a reçu la note de 1/10… Parmi les défauts rencontrés figurent, notamment, la précision, jugée insuffisante à cause d’un guidon surdimensionné masquant une partie de la cible, le réarmement de la détente, décrit comme à peine perceptible, qui peut entraîner des erreurs en situation de stress. Qui plus est, toujours selon Watson, le relèvement de l’arme lors du départ du coup est si prononcé qu’il complique la réacquisition rapide de la cible. L’évaluation a aussi relevé que, parfois, le couvre-culasse ne se refermait pas automatiquement, obligeant le tireur à agir manuellement. Enfin, la maintenance et le nettoyage du P320 se seraient avérés « laborieux et compliqués », toujours selon Watson. Alors, pourquoi adopter une telle arme comme pistolet d’ordonnance ? Dans son communiqué publié en décembre dernier, Armasuisse a justifié son choix en déclarant : « Une évaluation globale en termes de politique d’armement et d’économie a toutefois révélé des avantages substantiels pour le modèle SIG-Sauer P320 dans des domaines pertinents. » En clair, le P320 a été choisi avant tout parce qu’il sera fabriqué en Suisse, dans une filiale de SIG-Sauer située dans le canton de Schaffhouse, et que les défauts rencontrés lors des essais pouvaient être éliminés. Sous réserve que la commande soit confirmée par le parlement helvétique, SIG-Sauer devra donc améliorer son P320. Seulement alors, les livraisons des premiers exemplaires de série pourront démarrer en 2028.
