C’est du moins ce que soutient Abdelatty al-Faki, le gouverneur du Nil Bleu, qui a affirmé dans un communiqué que l’offensive des paramilitaires des RSF, soutenus par les rebelles du Sudan People’s Liberation Movement-North (SPLM-N), est partie de l’intérieur du territoire éthiopien. Sur place, un officier des Sudanese Armed Forces (SAF), l’armée régulière soudanaise, a déclaré sur son compte X que les 75 combattants rebelles capturés lors de cette offensive appartenaient à l’unité 147 du SPLM-N, venu depuis l’Éthiopie pour mener l’attaque conjointe avec les RSF. Si la reprise d’al-Kurmuk change le rapport de force dans l’État du Nil Bleu et constitue une avancée stratégique pour les RSF, elle ravive aussi les accusations envers l’Éthiopie, qui accueillerait des camps d’entraînement des forces rebelles. Des accusations relayées à l’ONU par le représentant égyptien, qui a fait état de « rapports documentés selon lesquels des voisins immédiats du Soudan avaient établi des camps pour entraîner et armer les RSF ». Déjà, en octobre 2025, plusieurs sources indépendantes avaient révélé l’existence de camps d’entraînement en Éthiopie, dont celui de Menge, dans la région de Benishangul-Gumuz, localité située près de l’aéroport d’Arosa. Des images satellites avaient montré des travaux d’aménagement réalisés dans ce camp et dans l’aéroport voisin d’Arosa, ainsi que celles d’avions-cargo en provenance des Émirats arabes unis (EAU), suspectés de transporter des équipements militaires, mais aussi des combattants. Quoi qu’il en soit, malgré les démentis des EAU et d’Addis-Abeba, accusée de servir de base arrière aux RSF, bon nombre d’observateurs retiennent que l’Éthiopie serait bel et bien impliquée dans le conflit soudanais.
