Tous les analystes savent que la Corée du Nord tire de juteux bénéfices de ses trafics effectués en liaison étroite avec les organisations criminelles transnationales, en particulier avec les triades chinoises et les yakusas japonais. Ce qui est moins connu est le fait que l’organisme qui s’occupe de cette délicate mission est le « Bureau 39 du Comité central du Parti du Travail de Corée » (ou « Division 39 »)(1) présidé par la sœur de Kin Jong Un, la très séduisante Kim Yo-jong présentée comme sa dauphine en cas d’empêchement. Ces trafics rapporteraient, selon les années, de 500 millions à un milliard de dollars à Pyongyang lui permettant de poursuivre ses programmes militaires nucléaire et balistique.
La Corée du Nord exporterait ainsi des produits précurseurs permettant la fabrication d’amphétamines et de drogues opiacées, essentiellement au Japon. Elle rachèterait une partie des produits finis pour les distribuer en Chine. Elle confectionnerait aussi des copies de médicaments dont du viagra ensuite exporté via Hong Kong dans le monde entier avec une destination privilégiée : le Proche-Orient. Le plus grand classique est le trafic d’armes allant du fusil d’assaut jusqu’au missiles sol-sol à destination de ses clients traditionnels : la Syrie, l’Iran, la Birmanie, l’Érythrée, la Tanzanie, l’Éthiopie, la Somalie. Comme le crime asiatique dans son ensemble, la Corée du Nord participe au trafic d’êtres humains et utilise de nombreuses sociétés écran dont des restaurants extrême-orientaux comme des antennes implantées à l’étranger. Le « Bureau 39 » aurait aussi une section de cybercriminalité qui s’intéresse au premier chef à la cryptomonnaie. Enfin, une de ses spécialités dans le domaine de la contrefaçon est celle de la fausse monnaie…
Toutefois, à la différence d’autres pays, la Corée du Nord ne peut être considérée comme un État dont le crime organisé a pris le contrôle mais comme celui qui l’utilise (en le contrôlant étroitement) pour obtenir des devises dont il a tant besoin. Les gains obtenus par ces activités frauduleuses sont blanchis puis réintégrés sur le marché légal via la Banque du Commerce extérieur (FTB) de Corée du Nord (qui fait l’objet de sanction de la part de l’ONU mais qui aurait toujours des représentations ouvertes en Chine).
Il est utile de préciser que tous les organismes de tourisme en Corée du Nord sont gérés par le « Bureau 39 ».

1. Le « Bureau 35 » (ou « Bureau général de reconnaissance ») a en charge le renseignement extérieur et le « Bureau 38 » les activités financières légales.

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Alain Rodier

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