Le 28 mars 2020, des douzaines de personnes dont des enfants ont été tuées et plus de quarante autres ont été blessées lors de l’explosion d’un camion chargé d’explosifs qui circulait dans une rue embouteillée de la ville syrienne d’Afrin contrôlée par les autorités turques. Le gouverneur de la province voisine du Hatay (mais située en Turquie) a immédiatement désigné des « terroristes kurdes » du YPG affirmant que l’auteur de l’attentat avait été arrêté. Problème, une caméra de surveillance montre bien au moment de l’explosion un véhicule en mouvement au sein de la circulation particulièrement dense.
C’est lors de l’opération « rameau d’Olivier » de 2018 que des milices turkmènes appuyées par l’armée turque selon la version officielle ont « libéré » la province d’Afrin des « terroristes kurdes ». En réalité, c’est l’armée et les services secrets turcs qui, se servant des rebelles syriens turkmènes comme prétexte, se sont emparés de la zone qui constituait le troisième « canton » du Kurdistan syrien (le Rojava), les deux autres étant celui de Kobane et de al-Hassaka. La perspective d’un « Kurdistan indépendant » à sa frontière syrienne était insupportable à Ankara.
Depuis, la région d’Afrin est officiellement gérée par des mouvements rebelles favorables à Ankara. Ils ont été accusés d’avoir chassé une partie des populations kurdes, d’avoir réquisitionné leurs maisons et leurs biens et de se livrer à un véritable racket sur place.
Si aucune revendication n’est venue désigner les commanditaires éventuels de cette importante action terroriste, l’hypothèse des salafistes-jihadistes de Daech évincés de la région est la plus probable.

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Alain RODIER

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