Tokyo est en train de compléter le déploiement de missiles antinavires Type 12 à Camp Kengun, dans la préfecture de Kumamoto, sur l'île de Kyushu, tout en multipliant les mises en garde concernant les ambitions militaires de la Chine dans la région et la menace qu'elle fait peser sur Taïwan.

Des déploiements supplémentaires sont déjà programmés à Camp Fuji, préfecture de Shizuoka, ainsi que dans les préfectures d’Oita, à Camo Yufu, et d’Okinawa. Mais Tokyo entend aller plus loin, puisqu’elle a déjà planifié, d’ici mars 2031, son déploiement sur l’île de Yonaguni, à quelque 110 kilomètres à l’est de Taïwan, a annoncé le ministre nippon de la Défense, Shinjiro Koizumi, lors d’un point presse. Cette île isolée, distante d’environ 2 000 km de Tokyo, abrite déjà une base des unités des Forces d’autodéfense japonaises. Yonaguni forme, avec les îles Ishigaki, Miyako et Okinawa, une ligne de défense continue destinée à empêcher toute incursion navale dans les eaux territoriales japonaises. Cette annonce intervient alors que la Chine a pris, depuis novembre dernier, une série de mesures économiques, politiques et symboliques contre le Japon, en réponse aux propos tenus par la Première ministre Sanae Takaichi, qui avait laissé entendre clairement qu’une intervention militaire de son pays était possible en cas d’attaque chinoise contre Taïwan. Pour mémoire, Mitsubishi Heavy Industries continue de travailler sur l’adaptation du Type 12 pour d’autres plateformes afin de créer une famille complète de missiles.