Depuis les élections de décembre-janvier dernier, les combats n'ont jamais cessé entre la Tatmadaw, l'armée birmane et ses alliés, et les forces de la rébellion, faisant des dizaines de morts parmi les combattants, mais aussi les civils et les prisonniers.

Ainsi, l’Arakan Army (AA) a accusé la Tadmadaw Lei, l’armée de l’air birmane, d’avoir bombardé en mars dernier un camp de prisonniers de guerre que les forces rebelles administrent à Dar Lat Chaung, dans l’État de Rakhine, anciennement État d’Arakan, dans l’ouest du pays. Selon un porte-parole de l’AA, 116 militaires de la junte, qui avaient été capturés au cours des mois précédents, auraient péri dans cette attaque, dont le général de brigade Myin Shwe. Depuis, l’offensive en tenaille menée par l’AA s’est intensifiée autour de Sittwe, la capitale de l’État de Rakhine, où les forces rebelles ciblent désormais la base navale de Shwe Min Gan, au nord-est, ainsi que toute une série d’avant-postes fortifiés de la Tatmadaw situés le long de la rivière Mayu, au nord-ouest. De leur côté, des combattants de la Karen National Liberation Army (KNLA) et de la People’s Defense Force (PDF) ont pris le contrôle d’une base de l’armée birmane dans le canton de Thayetchaung, dans la région de Tanintharyi, à l’extrême sud du pays. Située près du pont de Winwa, sur la route reliant Dawei à Myeik, cette même base était occupée depuis plus de trente ans par la Tatmadaw. Malgré ces revers, les forces de la junte n’ont pas renoncé à lancer plusieurs contre-offensives contre la rébellion birmane, notamment dans la région de Mandalay, où les combattants de la PDF pourraient devoir se retirer de Tagaung, leur dernier bastion dans cette région. À la mi-mars dernier, selon des sources sur le terrain, les troupes gouvernementales se trouvaient à seulement quelques kilomètres au sud de cette ville, prise par la PDF en août 2024. Située sur les rives de l’Irrawaddy, Tagaung constitue un point stratégique pour l’accès aux zones contrôlées par la rébellion dans la région de Sagaing, où des milliers d’habitants auraient déjà quitté la zone en prévision de combats futurs.