La provenance de ce drone soulève bien des interrogations. S’agit-il d’une erreur de ciblage ou bien d’une tentative de jeter de l’huile sur le feu alors que les combats se poursuivent côté soudanais, où les rebelles des Rapid Support Forces (RSF) tentent de consolider leur emprise sur l’ensemble de la région occidentale du Darfour, face aux Sudanese Armed Forces (SAF) ? Des affrontements qui donnent lieu à des infiltrations régulières en territoire tchadien. Ndjamena s’est gardée de se prononcer sur l’origine de cette frappe. À l’issue d’un conseil de défense, la présidence tchadienne a renvoyé dos à dos les belligérants soudanais et les a accusés de vouloir importer le conflit au Tchad. Le chef d’État, Mahamat Idriss Déby, a placé l’Armée nationale tchadienne (ANT) en « état d’alerte maximale » et ordonné la fermeture totale de sa frontière avec le Soudan. Le porte-parole du gouvernement tchadien a par ailleurs affirmé que l’ANT userait de son droit de riposte et de poursuite. Les belligérants soudanais, eux, se renvoient la responsabilité de cette frappe. Dans un communiqué, le porte-parole des RSF a « condamné dans les termes les plus forts cette attaque terroriste » menée, selon lui, par l’armée soudanaise. De leur côté, les SAF ont condamné des « actes criminels » et accusé les paramilitaires des RSF de « cibler les civils de manière récurrente ».
