Pour son congrès annuel des « Deux Sessions », qui réunit l'Assemblée nationale populaire — le Parlement chinois — et la conférence consultative politique du peuple chinois, Pékin a dévoilé ses principaux objectifs prioritaires et annoncé que le budget de la Défense continuera d'augmenter.

Pékin prévoit une hausse de 7 % en 2026, portant les dépenses militaires à environ 277 milliards de dollars. Même si ce budget reste largement inférieur à celui des États-Unis, cette progression régulière illustre la priorité accordée au renforcement des capacités militaires chinoises. Elle intervient dans un contexte stratégique tendu, marqué par les rivalités avec Washington et les frictions autour de Taïwan et en mer de Chine méridionale. En cinq ans, les incursions militaires chinoises autour de « l’île rebelle » ont été multipliées par quinze. En 2020, Taïwan avait fait état de 385 avions militaires chinois opérant autour de l’île, contre plus de 5 700 en 2025, d’après les chiffres donnés par un nouveau rapport du parti présidentiel taïwanais, qui compile les statistiques du ministère de la Défense. Presque tous les jours, des avions de chasse et des navires militaires chinois opèrent autour de Taïwan. Même s’ils ne franchissent pas son espace aérien ni ses eaux territoriales, ils s’en approchent dangereusement au fil des ans. Pour Taïwan, cette tactique de harcèlement quotidien, que les autorités de Taipei ont pour habitude d’appeler la « stratégie de la zone grise », a pour objectif de multiplier les provocations militaires sans franchir la limite d’un conflit ouvert. Le rapport du parti présidentiel taïwanais rappelle que les objectifs militaires de la Chine dépassent Taïwan : de nombreuses îles japonaises, philippines ou vietnamiennes sont convoitées par Pékin, qui y mène la même stratégie. Un signe, pour les auteurs du rapport, que la Chine considère désormais sa puissance militaire comme le principal outil pour faire avancer ses ambitions.