Dans le cadre de la lutte contre l'insécurité et les groupes jihadistes, la junte malienne a créé sur le territoire national des « zones d'intérêt militaires » d'accès interdit aux civils. Ces espaces géographiques concernent près d'une quarantaine de sites et de forêts susceptibles d'abriter des terroristes.
Toutes les personnes se retrouvant dans ces zones dites « d’intérêt militaires » nouvellement créées seront traitées comme une cible, précise un document officiel signé par six ministres maliens, dont celui délégué à la Défense. Selon une source officielle, dans le cadre des opérations sur le terrain dans la quarantaine de ces « zones d’intérêt militaires », un nouveau dispositif de défense sera bientôt installé. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, dans tout le Mali, celles-ci, devenues en fait « zones de guerre », sont pour l’essentiel des forêts susceptibles d’abriter des terroristes. En particulier, la forêt du Wagadou, qui se trouve au Mali et n’est pas loin de la frontière avec la Mauritanie, fait partie des endroits désormais inaccessibles aux civils. Les jihadistes sont présents, en effet, dans cette forêt, qui s’étend sur plus de 80 km de long pour 40 km de large. La gestion de ce secteur sera considérée hautement sensible selon Bamako, qui accuse souvent les jihadistes de venir de la Mauritanie voisine. Cette allégation est fermement réfutée par les autorités de Nouakchott. Quoi qu’il en soit, les Forces armées maliennes (FAMa) pourront difficilement contrôler cette forêt, que le Mali partage avec la Mauritanie, si les deux pays ne coordonnent pas leurs interventions militaires.
