Pour la troisième fois en quelques mois, des commandos marine français se sont rendus maîtres d’un navire soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, le 20 mars. Le Deyna est un pétrolier-cargo battant pavillon mozambicain. Il avait quitté Mourmansk en Russie pour une destination inconnue. La France l’a intercepté en Méditerranée occidentale.

Le premier à l’avoir traqué est le modeste HMS Cutlass, un… patrouilleur léger basé à Gibraltar. Il l’avait déjà fait en janvier dernier avec le Grinch, également intercepté en Méditerranée occidentale par la France. D’ailleurs, la Grande-Bretagne a modifié sa législation pour permettre de tels arraisonnements en mer de navires de la flotte fantôme, qui comprendrait des dizaines, voire des centaines d’unités.

Les images de l’interception elle-même montrent un hélicoptère Panther qui met à terre une équipe de visite. Des plans plus serrés désignent clairement des commandos marine en progression tactique à bord du bateau, sans rencontrer la moindre résistance. Il s’agit du scénario du Grinch, mais avec beaucoup moins de moyens. Le bateau a été amarré au large de Fos-sur-Mer, sous la protection de la Marine.

Quelques jours plus tôt, des Caïman Marine de la Marine française avaient été mis au service des forces spéciales belges afin d’intercepter un autre navire suspect, en mer du Nord. C’est une première pour cette unité, plus largement pour la France, de participer aussi massivement à une opération étrangère, par la dépose de commandos qui ne sont pas français. Cette opération a aussi été fondatrice pour la Belgique, qui a une position de modération sur le sort des avoirs russes gelés.