Du 1er au 5 septembre, la base aérienne 113 de Saint-Dizier a testé l’apport d’un ballon captif TC-60 à la surveillance et à la détection de drones aériens. Cette base à vocation nucléaire (BAVN), une des trois que comptent les forces aériennes stratégiques (avec Istres et Avord), dispose déjà du plus haut niveau de protection défense. Un cran supplémentaire pourrait donc être franchi avec le recours à ce ballon optimisé pour la surveillance, qui permettra de densifier encore la détection et, potentiellement avec d’autres charges utiles, de fournir une capacité de brouillage (déjà assurée théoriquement par les équipements terrestres). La détection est réalisée par une boule infrarouge refroidie M25 de Merio et des algorithmes d’intelligence artificielle permettant de discriminer les drones des autres objets ou animaux volants. Au besoin, d’autres capacités pourraient être ajoutées pour prendre en compte les mobiles terrestres et contribuer encore à la détection précoce d’intrusion.

Mi-octobre, la Marine doit également déployer un ballon captif TC-60L dans la base navale de Toulon, au sein de l’exercice multimenaces Typhon, durant lequel la base est agressée dans les airs, dans la rade, sur et sous l’eau. Le ballon devrait être déployé en permanence.

La base navale de Toulon, tout comme la BA 113, a été l’une des premières bases françaises à être équipée des systèmes globaux anti-drones MILAD et PARADE. Ces systèmes sont dotés de capacités de détection optique, infrarouge, radar et radiofréquence, ainsi que de brouilleurs. Mais la sensibilité des sites et l’augmentation de la menace imposent de resserrer encore le filet au-dessus de ces lieux.

L’entreprise A-NSE n’est pas novice dans le domaine. En effet, elle avait déjà équipé des FOB (Forward Operating Base ou base avancée) allemandes au Sahel dès 2015. Ses ballons ont été soumis à l’essai par le bataillon des pompiers-marins de Marseille (détection précoce d’incendies) pendant deux années consécutives, ainsi que sur le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre en 2025, lors d’une expérience avec plusieurs drones. Le drone avait démontré sa capacité à être intégré sans difficulté dans l’activité aéronautique du bord (drones aériens et hélicoptères).

Dans le contexte des opérations dans la très haute atmosphère (THA), A-NSE a également obtenu un contrat de l’armée de l’Air pour fournir des charges utiles aérolargables par avion de transport. Parallèlement, un programme de ballons manœuvrants (baptisé BalMan) géré par Hemeria a connu un retard dans son calendrier d’essais (initialement prévus en Guyane). Les premiers essais de largage devraient se tenir fin 2026 début 2027 en métropole.