Début août dernier, de nouveaux combats ont éclaté dans le Tigré occidental, à Cherririna, au nord de l'Éthiopie, près de la frontière avec le Soudan, entre l'armée fédérale et le Tigray People's Liberation Front (TPLF), le mouvement rebelle qui contrôle cette région du pays, les deux parties s'accusant mutuellement de vouloir déclencher un nouveau conflit.

Selon le numéro deux du Front de libération du peuple du Tigré, les forces fédérales auraient lancé une offensive contre leurs positions, appuyée par de l’artillerie lourde. Addis-Abeba n’a pas, pour l’instant, confirmé cette version des faits et les observateurs sur place ne sont pas en mesure d’affirmer avec certitude quelles sont réellement les forces engagées : l’armée fédérale, les combattants du TPLF ou ceux des milices Fano actives dans la région Amhara ? Toujours est-il que ces combats, dont on ignore le bilan, ravivent les craintes d’un retour à la guerre, près de quatre ans après l’accord de paix de Pretoria. Il s’agit de la deuxième vague de combats majeurs répertoriée depuis le début de l’année 2026 menés au Tigré occidental, zone contestée et gérée par des nationalistes de l’État régional voisin de l’Amhara, où des milices sont présentes. Cette reprise des combats intervient après plusieurs mois de tensions croissantes entre Addis-Abeba et les autorités tigréennes. Les dirigeants du TPLF ont récemment durci le ton, réduisant encore les possibilités de dialogue et fragilisant davantage l’accord de Pretoria, déjà largement inappliqué. La situation est aggravée aussi par un complexe jeu d’alliances, l’Éthiopie accusant le Soudan voisin d’armer et de financer les forces tigréennes. Selon l’Union africaine, la guerre du Tigré avait fait 600 000 morts environ entre 2020 et 2022.