Les autorités américaines indiquent que Valence González a pris le contrôle de la structure criminelle après la confirmation de la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho » mort le 22 février 2026(1).
Ce n’est pas directement une mise en cause judiciaire mais une identification stratégique faite par les autorités américaines. Cependant, dans le cadre de la politique américaine de lutte contre le terrorisme qui inclue les cartels latino américains, « El 03 » peut faire l’objet d’une opération homo si l’occasion se présente.
Les agences de renseignement américaines précisent que Valence González est soutenu directement par deux autres narcotrafiquants « El Chorro » et « El Sapo. »
Julio Alberto Castillo Rodríguez alias « El-Chorro » est le gendre d’El Mencho. Arrêté à plusieurs reprises pour de supposées malversations financières (blanchiment d’argent), il n’y a jamais eu assez de preuves pour le faire condamner.
Gonzalo Mendoza Gaitán, alias « El Sapo », est décrit comme un logisticien du CJNG. Il gérerait l’achat de précurseurs chimiques chinois servant à la fabrication de la méthamphétamine, le produit phare du cartel.
La mise à jour de juin relie également cette nouvelle évaluation à la capture d’Audias Flores Silva, alias « El Jardinero » arrêté à Nayarit en avril 2026. Il était donné comme un des successeurs probable d’« El Mencho. »
Cette capture aurait accéléré les bouleversements au sein de l’organisation.
Selon le CNTC :« Le CJNG dispose d’une structure de commandement hiérarchique dans laquelle des chefs régionaux gèrent les opérations quotidiennes pour le compte du dirigeant principal du groupe, le ressortissant américain Juan Carlos Valencia González. »
Pendant près de vingt ans, Juan Carlos Valencia González a gravi les échelons du cartel de Jalisco tout en restant quasi invisible aux yeux du public.
Né le 12 septembre 1984 à Santa Ana en Californie, il a la double nationalité américaine et mexicaine
Il serait le fils d’Armando Valencia Cornelio (alias « Juanito »), fondateur du cartel du Milenio, et de Rosalinda González Valencia – membre de la célèbre famille Valencia qui dirige « Los Cuinis », la principale branche du CJNG chargée du blanchiment d’argent.
Le fait de devenir le beau-fils d’« El Mencho », grâce à la relation de sa mère avec le défunt fondateur du CJNG, l’a placé au carrefour des opérations armées et financières du groupe.
Les autorités américaines le suivent à la trace depuis au moins 2007.
Son influence au sein de l’organisation se serait accrue après l’arrestation, en 2015, de son demi-frère Rubén Oseguera González alias « El Menchito ». Il aurait repris ses fonctions et a par la suite fondé et coordonné le « Grupo Élite » – également connu sous le nom de « Fuerzas Especiales Mencho » -, l’une des nombreuses branches armées du CJNG.
En octobre 2020, la justice américaine du district de Columbia l’a inculpé sous des chefs d’accusation liés au trafic de drogue et d’armes à feu.
Les autorités mexicaines l’ont également impliqué dans des actes de violence spécifiques, notamment l’enlèvement de deux soldats mexicains à Puerto Vallarta en 2022, ainsi que dans des affrontements armés et des barrages routiers dans l’État de Jalisco.
Mais, selon des experts latino-américains, cette classification est peut-être un peu trop réductive. Le groupe est en réalité structuré autour de plusieurs figures de pouvoir régionales.
Il n’y a pas eu d’héritier direct pour succéder à « El Mencho » après sa mort plus tôt cette année. Son fils, « El Menchito », purge une peine de prison à vie aux États-Unis pour trafic de droguer.
On s’attendait à un déchaînement de violences et à des guerres internes. Cela a effectivement été sanglant, les sicarios s’étant vengés principalement en attaquant les forces de l’ordre. Des dizaines de morts ont été relevé de part et d’autre. Mais il n’y a pas eu de guerre interne. Depuis, le CJNG semble avoir repris ses activités comme si de rien n’était.
Valencia González est loin d’être le seul responsable disposant de l’envergure nécessaire pour tenter de prendre le contrôle de l’organisation.
On compte également Heraclio Guerrero Martínez, alias « Tío Lako », qui superviserait une part importante des opérations de vol de carburant du CJNG – une activité que le groupe a transformée en un vaste système de racket transnational au cours des deux dernières décennies.
Parmi responsables les plus influents en activité figure Ricardo Ruíz Velasco, alias « Doble R » qui dirigerait l’une des branches armées d’élite du CJNG dans l’État du Jalisco ce qui le place à l’extrémité la plus militarisée du spectre interne de l’organisation.
1. Voir : « Mexique : le chef du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération » tué du 24 février 2026.
