Cette flotte serait composée d’une frégate de classe Moudge, d’une corvette de classe Hamzeh, de quatre vedettes lance-missiles de classe Sina et d’un dragueur de mines de classe adjudant.
Un journaliste israélien a avancé que cette action avait été menée par des avions de chasse et non par des drones.
L'Azerbaïdjan, base arrière pour Israël ?
Si l’information se confirme, le plus logique serait que ces avions aient décollé de bases d’Azerbaïdjan voisin car ils n’ont pas l’autonomie nécessaire pour atteindre la mer Caspienne depuis Israël et des ravitaillements en vol sont difficiles à réaliser.
En effet, le risque n’est pas nul car, si les États-Unis et Israël bénéficient bien de la « supériorité aérienne » sur l’Iran, ce n’est pas la « suprématie aérienne » où l’on contrôle totalement le ciel et où l’on peut voler sans pratiquement aucun risque (un F-35 endommagé a été obligé de se poser en urgence il y a quelques jours).
Concrètement, si l’Iran ne possède plus de radars à moyenne et longue portée, cela ne signifie pas que l’Iran a totalement perdu le contrôle de son espace aérien. Des batteries antiaériennes sont encore disponibles.
En 2024 puis lors de la « guerre de douze jours » de 2025 et enfin lors du conflit de 2026, Téhéran a déjà accusé Bakou de servir de base arrière pour l’État hébreu(1).
En conséquence l’Azerbaïdjan a déployé des troupes à sa frontière mais aussi en envoyant aussi une aide humanitaire symbolique en Iran.
Mais cette attaque volontairement médiatisée par l’État hébreu met Bakou dans une position embarrassante car la réaction de Téhéran est totalement imprévisible.
Pourquoi cette frappe ?
Jusqu’à maintenant, Israël concentrait ses efforts tactiques sur le sud et le centre de l’Iran où se trouvent des éléments clés de son infrastructure militaire et nucléaire. Le nord du pays, notamment la région de la Caspienne, était perçu comme une zone arrière relativement sûre. Ce n’est désormais plus le cas.
Surtout, cette zone est un carrefour important d’intérêts énergétiques et de transports en particulier entre la Russie et l’Iran.
Perturber les activités iraniennes dans cette région a des implications qui tendent à affaiblir notablement la logistique iranienne en affectant les flux commerciaux et l’équilibre des influences entre les États riverains.
En ce sens, la frappe contre le nord de l’Iran redessine l’architecture de sécurité régionale en impliquant directement Bakou.
Complément d'information suite à l'article « Israël continue la liquidation des responsables iraniens » du 19 mars 2026.
Ali Larijani, le secrétaire du Conseil national de sécurité iranien tué le 17 mars a immédiatement été remplacé par Hossein Dehghan qui a appartenu au Corps des gardiens de la Révolution islamique d’Iran au Liban. Il est particulièrement accusé d’être un des instigateurs des l’attentat à la bombe perpétrés en 1983 contre les militaires français et américains à Beyrouth. Plus tôt, il avait fait partie des étudiants qui ont occupé l’ambassade américaine à Téhéran (1979-1981)(2).
(1) Voir : « Position de l’Azerbaïdjan dans le conflit iranien » du 9 mars 2026.
(2) Voir : « Isräel continue la liquidation des responsables iraniens » du 19 mars 2026.
