Le commandant militaire du bataillon Arbat depuis 2023, Hayk Gasparyan alias Abrek, qui avait appartenu initialement au groupe Wagner a été tué au combat a annoncé le 9 février le maire d'Horlivka, ville ukrainienne occupée par la Russie.

Né dans le territoire contesté du Haut-Karabakh, dans le Caucase du Sud, Gasparyan était âgé de 34 ans au moment de sa mort.
Ancien boxeur et entraîneur professionnel de MMA, il avait été condamné en 2022 par un tribunal moscovite à sept ans d’incarcération pour vol à main armé.
Les médias russes ont rapporté que la SMP Wagner l’avait recruté en août 2022(1), alors qu’il purgeait sa peine dans une colonie pénitentiaire de la région de Riazan.

Le bataillon Arbat, qui combat comme unité militaire irrégulière aux côtés des forces armées russes, compte environ 500 hommes, majoritairement d’origine arménienne.

Il fait partie de la brigade Piatnachka, intégrée au 1er corps d’armée de la Fédération de Russie basé dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine.

En 2023, le président Vladimir Poutine avait remis à Gasparyan la médaille « Pour le courage » alors qu’il était encore membre de la société militaire privée Wagner.

Le bataillon Arbat a été fondé en septembre 2022 par l’homme d’affaires Armen Sarkissian, (à droite sur la photo) directeur de la Fédération de boxe de la République populaire de Donetsk. Il a été assassiné lors d’une opération Homo contre un immeuble d’habitation à Moscou le 3 février 2025(2).

Les membres du bataillon Arbat sont, dans leur grande majorité, russes d’origine arménienne. Une partie a été recrutée dans les prisons russes.
Ces mercenaires ont combattu dans le Donbass aux alentours de la ville d’Avdiivka dans l’oblast de Donetsk, mais aussi celui de Louhansk et ils ont été déployés dans la région russe de Koursk qui a été en partie occupée par l’armée ukrainienne.
L’armée russe n’hésite pas à déployer la douzaine de groupes privés de combattants pro-russes dans les zones où les affrontements sont les plus acharnés. L’avantage est que lorsque ces mercenaires sont tués, ils ne comptent pas pour le nombre des soldats russes morts au combat puisque ce sont des entités distinctes de l’armée, même si elles lui sont inféodées.

Le groupe Arbat semble, cependant, avoir une place quelque peu à part dans l’aréopage des PMC de l’ère post-Prigojine. Selon l’expert Jeff Hawn : « son nom complet contient la désignation de ‘garde’ qui est, habituellement, attribuée directement par la présidence russe aux unités d’élites. Arbat a aussi été rattaché à la 51e armée où le bataillon apparaît comme une unité en charge d’opérations spéciales. »
Le principal financier actuel de ces mercenaires serait le milliardaire Samvel Karapetyan, un citoyen russo-arménien dirigeant le Tashir Group, un conglomérat actif dans le secteur du bâtiment, de l’hôtellerie ou encore des centres commerciaux ayant des liens avec Gazprom.

Sa fortune était estimée par Forbes à 3,8 milliards de dollars en 2013 ce qui faisait de lui l’ « Arménien le plus riche de la planète. »

Dissolution de la Légion internationale des volontaires étrangers en Ukraine

La Légion internationale pour la défense territoriale de l’Ukraine a été formée à la fin février 2022, quelques jours après le début de l’invasion du pays par la Russie, à la demande du président Volodymyr Zelensky. Cela permettait aux volontaires étrangers de se joindre à la défense de l’Ukraine contre la Russie.
Des milliers de combattants originaires de plus de cent nations ont servi aux côtés de l’armée ukrainienne.

Mais, quatre ans après son lancement, cette structure qui a marqué l’effort de guerre ukrainien fait face à une transformation radicale dont les contours restent flous.

À savoir qu’à la fin 2025, l’armée ukrainienne a officiellement annoncé la fin des légions internationales telles qu’elles existaient jusqu’alors.
Cela inquiète beaucoup les volontaires étrangers qui ignorent ce que cette réorganisation signifiera pour leur avenir militaire. Cette dissolution risque de fragmenter des unités bien organisées, et certains officiers craignent la dissolution d’équipes efficaces.
Les volontaires ont également peur d’être intégrés à de nouveaux bataillons où ils devront faire face à la barrière de la langue, aux différences de formation et de niveau, et à la coordination avec des soldats qu’ils ne connaissent pas.
Face à ces incertitudes, certains envisageraient de rentrer dans leur pays d’origine.

Pour répondre à ces inquiétudes, l’état-major explique que la situation sur le front a changé et que la structure des forces de défense doit être réorganisée.
Le nouveau modèle prévoit de réaffecter les volontaires dans d’autres unités où leurs compétences et motivations seront les plus utiles, l’armée leur offrant même la possibilité de choisir leur future affectation, leur rôle et leur spécialité.

Pourtant, la transition reste floue en pratique. Trois mois après l’annonce initiale, l’état-major tarde à expliquer comment ces changements affecteront concrètement les soldats sur le terrain. L’efficacité de cette réorganisation dépendra en grande partie de la capacité des autorités à transformer leurs promesses en directives claires et exécutables, tandis que les volontaires étrangers attendent des réponses qui tardent à venir.

Selon les dernières annonces, les quatre légions internationales constituant la Légion internationale sont réorganisées à partir de 2026 au sein d’autres structures militaires.

Les 1re et 3e légions internationales fusionnent pour intégrer le 475e régiment d’assaut de la 92e brigade d’assaut.

La 4e légion internationale devient le 157e centre d’entraînement international.

Les membres de la 2e légion internationale sont transférés vers le 253e régiment d’assaut de la 129e brigade de défense territoriale.

(1) Voir : « Russie : recrutement de prisonniers par le groupe Wagner » du 16 septembre 2022.
(2) Voir : « Opération Homo ukrainienne à Moscou » du 6 février 2025.