Le sanctuaire sacré chiite de Shah Cheragh dans la ville iranienne de Chiraz a fait l’objet d’une seconde attaque terroriste le 13 août 2023 dans lequel quatre personnes ont été tuées.

Le principal assaillant a ouvert le feu sur les pèlerins avec un fusil d’assaut  AK-47 puis a tenté de pénétrer dans une zone plus fréquentée du sanctuaire avant d’être finalement arrêté.

Au cours de l’enquête initiale, l’agresseur s’est identifié comme s’appelant Rahmatollah Norouzov et être originaire du Tadjikistan.

Il est possible qu’un deuxième assaillant se soit enfuit.

Le juge de la province du Fars, Kazem Mousavi, a déclaré que l’enquête qui s’en est suivie a amené la découverte d’une villa conspirative et a permis l’arrestation de sept suspects de nationalité étrangère.

Le groupe terroriste Daech aurait revendiqué l’attentat.

Une première  fusillade avait eu lieu au même endroit en octobre 2022 (faisant 13 morts et 30 blessés) lors d’une attaque revendiquée plus tard par des salafistes-jihadistes du groupe État islamique (Daech).

L’assassin – que les médias iraniens ont désigné comme étant Hamed Badakhshan préalablement identifié comme le Tadjik Sobhan Komrouni – est décédé des suites de blessures subies lors de son arrestation (1).

Téhéran a procédé le 8 juillet à la pendaison en public de deux complices présumés identifiés par la justice comme Naeem Hashem Qatali et Mohammad Ramez Rashidi mais sans révéler leur nationalité. Il est probable qu’ils étaient afghans. En mars, un tribunal les avait condamnés à la peine capitale après les avoir reconnus coupables de « corruption sur terre, rébellion armée et atteinte à la sécurité nationale […] complot contre la sécurité du pays ».

Selon le juge Kazem Moussavi, Mohammad Ramez Rashidi avait avoué avoir collaboré avec Daech pour monter l’opération. Trois autres accusés dans cette affaire ont été condamnés à cinq, 15 et 25 ans de prison pour leur appartenance à l’EI.

En novembre, Téhéran avait déclaré que 26 « terroristes takfiri » (2) d’Afghanistan, d’Azerbaïdjan et du Tadjikistan avaient été arrêtés en lien avec l’attaque.

Pour mémoire, les salafistes-jihadistes sont des sunnites extrémistes qui considèrent que les chiites sont des traîtres à l’islam (des « apostats ») encore « pires » que les « juifs et les croisé » qui sont eux « membres du Livre » (le Coran). Pour Daech qui est la représentation la plus violente de cette tendance, les chiites doivent être éliminés.

1. Voir : « IRAN. Identité du terroriste de la mosquée de Chiraz » du 9 novembre 2022.

2. Pour les chiites, le terme « takfiri » s’applique généralement aux jihadistes ou aux partisans de l’islam sunnite radical.

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Texte

Alain Rodier