Les observateurs spécialisés n’avaient pas noté que l’Armée Nationale Tchadienne avait acquis plusieurs chars de bataille d’origine chinoise type 59G. Il est question d’une trentaine d’exemplaires. Il ne figure pas sur les principaux répertoires d’armements disponibles.

Il a fallu la mort du président Idriss Déby le 11 avril 2021 et la tension qui s’en est ensuivie à N’Djamena pour que l’on aperçoive quatre de ces engins venus protéger le palais présidentiel. Pékin aurait fourni ces blindés à N’Djamena entre 2011 et 2013 en même temps qu’au Bengladesh.

Cette version modernisée du T-59 (lui-même copié du T-54A soviétique) par la North Industries Corporation (Norinco) est armée d’un canon de 125 mm capable de mettre en œuvre diverses munitions perforantes (obus flèche) ou explosives. L’armement secondaire est constitué par une mitrailleuse coaxiale de type W86 de 7.62 mm et d’une autre de tourelle W85 de 12.7 mm.

Ce char est doté d’un équipement de vision nocturne de deuxième génération (passif) et d’un contrôle de tir automatisé. Le moteur peut développer de 730 à 800 chevaux.

Il est étrange que ces engins blindés n’aient pas été aperçus depuis leur date de livraison et quid de la maintenance ? De plus, des questions demeurent quant aux équipages qui les servent même si le Tchad est déjà équipé de T-54/T-55. Cela dit, dans la zone, les chars de bataille ne se sont jamais révélés particulièrement utiles sur le plan tactique en raison des distances à parcourir et de la difficulté des conditions extérieures qui compliquent l’entretien des armements un peu sophistiqués.


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Alain Rodier

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