L’ancien chef du Batlog Charente et chef de corps du 515e régiment du train (RT) a évoqué le bilan de son groupement, lors d’un point presse à Paris. L’essentiel du bataillon (45 %) était apporté par le 515e RT, de fin mai à mi-octobre, et armait plusieurs points en BSS (comme l’indique le tableau ci-dessous). 

535 hommes et femmes ont servi au sein de « Charente », issus de pas moins de 105 formations de l’armée de Terre, mais aussi de l’Air et des services (service d’infrastructure de la défense, Service interarmées des munitions, Service de santé des armées, Service des essences des armées). 

Comme l’explique avec humour le commandant de « Charente », en matière de logistique, il y a le convoi, et ce qu’on ne voit pas. Il fait référence notamment au soutien quotidien apporté dans des conditions parfois improbables, et souvent risquées, sur les postes les plus isolés. Mais aussi au plus commun (courant électrique, eau potable, restauration, loisirs), souvent perçu comme normal, mais déploré quand il n’est pas au rendez-vous. 

Illustration parmi d’autres, 4 000 repas sont distribués par jour en moyenne, le reste des personnels se nourrissant dans des « popotes » ou sur rations. 

Les convoyeurs ont mené 103 jours d’opérations, soit 600 000 km parcourus, transportant 4 000 tonnes de fret et 2 000 m3 de carburant. Les maintenanciers ont assuré la maintenance de 770 véhicules soutenus (dont un gros tiers de blindés), traitant 620 pièces détachées par semaine. Les « rôles 2 » de Gao et Tessalit ont réalisé 350 journées d’hospitalisation et produit 280 AMP (aides médicales à la population). 

70 m3 de carburant ont été traités chaque jour par le soutien pétrolier. Enfin, le transit aérien (assuré par les escales de l’armée de l’Air et le 1er régiment de train parachutiste) a pris en compte 11 000 personnes et 2 700 tonnes de fret. 

L’opération Pharaon, une relève majeure, a par ailleurs généré 700 tonnes de fret, 21 rotations d’avions de transport stratégique A310 et A340, représentant environ 9 000 passagers (4 500 à l’aller et autant au retour, rien que pour Barkhane). Ces passagers ont été acheminés depuis ou vers plusieurs bases déployées, nécessitant 418 sorties d’aéronefs britanniques (CH-47), américains (C-130J), allemands (C-160) et français (C-160, C-130, Casa 235, Atlas). 

Enfin, « Charente » a participé à l’effort de Barkhane en matière de formation opérationnelle des forces armées maliennes, avec l’accueil de 70 stagiaires. 

 DISPOSITIF DU BATLOG CHARENTE AU MALI 1 

Bases effectifs 2 total 

Tombouctou 0/1/8 9 

Tessalit 0/6/8 14 

Kidal 0/2/7 9 

Gao 43/175/257 475 

Ménaka 0/3/7 10 

Gossi 0/1/6 7 

1. « Charente » dispose aussi de plots dans le reste de la BSS, notamment au Niger et au Tchad (N’Djamena, Abéché, Faya-Largeau). 

2. Officiers/sous-officiers/EVAT 

Publié le

Texte

Jean-Marc TANGUY

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