Notre tour d’horizon des forces spéciales de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) se poursuit. Après les unités belges, danoises (voir RAIDS n° 360), britanniques, néerlandaises (voir RAIDS n° 361) et allemandes (voir RAIDS n° 363) cette quatrième partie de notre dossier s’intéresse aux forces spéciales espagnoles.

En Espagne, l’Ejercito de Tierra (armée de terre espagnole) comprend quatre Grupos de Operaciones Especiales : le GOE « Granada » II, le GOE « Valencia » III, le GOE « Tercio del Ampurdan » IV et le GOE « Caballero Legionario Maderal Oleaga » XIX. Ce dernier était précédemment l’unité spéciale de la Légion espagnole jusqu’à son rattachement au commandement des opérations spéciales espagnol, le Mando de Operaciones Especiales (MOE) créé en 1997 et actuellement basé à Alicante. Celui-ci constitue un commandement centralisé de tous les moyens SOF de l’Ejercito : outre les quatre GOE, il comporte également une unité de commandement et une unité de transmissions. 

Jusqu’à récemment, les GOE n’étaient présents qu’au nombre de trois au sein du MOE, engagés en Irak et au Mali dans des missions d’assistance militaire au profit d’alliés locaux, ainsi qu’en République centrafricaine où ils ont conduit l’ouverture de théâtre en 2012. En janvier 2016, le GOE « Granada » II est venu étendre les effectifs des forces spéciales espagnoles pour leur permettre de renforcer leur engagement face aux djihadistes. Elles comptent actuellement plus de 700 opérateurs. 

Cet effectif va s’étendre graduellement au fil des prochaines années pour répondre au contrat opérationnel du MOE, soumis à rude épreuve notamment avec le soutien à la formation des forces irakiennes, tant conventionnelles que spéciales, dans le domaine de la lutte antiterroriste et de la réaction rapide. 

Une grande expérience en OPEX

Comme les Britanniques avec le SFSG, le MOE se dirige en parallèle vers la création d’un vivier d’unités d’élite destinées à appuyer les GOE dans leurs missions, incluant des capacités dans les domaines de la lutte NRBC, de la guerre électronique, du soutien cynophile, de l’ISR avec l’usage de drones, ainsi qu’en aéromobilité avec une unité d’hélicoptères dédiée aux opérations spéciales. Les GOE sont entraînés au contre-terrorisme et aux actions directes, y compris en milieu clos. 

Ils sont également des spécialistes de la reconnaissance profonde, du sabotage, du combat en milieu amphibie, montagneux et arctique, de la survie, du sniping, ainsi que de l’utilisation de vecteurs d’insertion terrestre, aéroportée et fluviale. Les GOE ont aussi acquis une large expérience des missions d’assistance militaire.

Une unité ancienne et de qualité

Du côté de l’Armada Espanola, l’Unidad de Operaciones Especiales (UOE) est toujours l’unité de nageurs de combat en activité pour les opérations spéciales navales. Jusqu’en 2009, elle était sous le commandement direct de l’amirauté, avant d’être intégrée à la Fuerza de Guerra Naval Especial, le commandement des opérations spéciales navales. Cette unité très ancienne fut mise sur pied sur le modèle des US Navy SEAL et du SBS britannique : elle recense aujourd’hui une centaine d’opérateurs répartis entre trois équipes d’action, une unité de commandement et des éléments de soutien. 

L’UOE fut créée pour le contre-terrorisme maritime, l’abordage, les opérations sous-marines, les infiltrations par la mer et par voie aérienne, ainsi que le panel classique des missions SOF : action directe, reconnaissance, protection VIP et combat search and rescue. Les membres de l’UOE maîtrisent tous les aspects des opérations spéciales navales et peuvent opérer à partir de sous-marins, de RHIB (rigid-hulled inflatable boats) et de bâtiments de surface.

Publié le

Texte

Emmanuel VIVENOT

Photos

ministère de la Défense espagnol

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