L'armée de terre, la Heer, va créer son tout premier régiment consacré à la guerre de drones. Il devrait atteindre sa capacité opérationnelle initiale l'année prochaine, a confirmé Boris Pistorius, le ministre allemand de la Défense.

Cette nouvelle unité « consolidera les capacités sans pilote en matière de reconnaissance, de combat et d’interception des drones ennemis », a déclaré Boris Pistorius lors d’un déplacement au centre d’entraînement militaire de Bergen, en Basse-Saxe. « Cela inclut non seulement les systèmes aériens, mais aussi les systèmes terrestres sans pilote », a-t-il précisé. Ce nouveau régiment hautement spécialisé présente, en effet, plusieurs caractéristiques clés (capacité multimilieux, guerre électronique, etc.) et comptera initialement 300 militaires pour atteindre à terme un effectif cible de 600 éléments. Rattaché à la 10e division blindée, dont relève également la Brigade franco-allemande, ce futur « régiment de drones », qui stationnera en Bavière, devrait s’articuler autour de quatre à cinq compagnies : une dite de combat rapproché, dotée de drones tactiques légers à courte portée ; une de frappe dans la profondeur, déployant des munitions rôdeuses capables de voler pendant 70 minutes avant d’attaquer une cible, étendant le rayon d’action de la division jusqu’à 500 km ; une de guerre électronique, dédiée au brouillage des signaux adverses et à la protection des fréquences amies ; et une de détection et d’interception, chargée spécifiquement de la lutte anti-drone, plus une technique et essais pour tester les innovations issues de l’industrie civile et les intégrer en circuit court sur le terrain. Quant aux moyens mis en œuvre, l’unité, côté vecteurs aériens, s’appuiera massivement sur les munitions rôdeuses de la gamme HERO, développée en partenariat par Rheinmetall et l’Israélien Uvision, des drones commerciaux modifiés ou adaptés pour atteindre la portée de 500 km, et des drones de reconnaissance tactiques déjà existants, comme les Aladin, Luna NG ou Vector déjà en dotation à la Heer. L’unité intégrera aussi des engins terrestres sans pilote (UGV) robotisés, téléopérés ou autonomes sur chenilles ou roues, configurés pour le transport de charges, l’EVASAN, la reconnaissance avancée de zones minées et l’appui-feu. L’ensemble de ces moyens sera hautement mobile, transporté et opéré depuis des VTT ou VCI, probablement des variantes du Boxer ou du Fuchs, transformés en stations de contrôle terrestres abritant les pilotes et les analystes de données. Selon le général Christian Freuding, le chef d’état-major de la Heer, ce nouveau régiment devrait atteindre sa capacité opérationnelle initiale en 2027.