Quatre ans après la fin du conflit au Tigré, la guerre a repris en Éthiopie, opposant l'armée fédérale à l'Ethiopian Peoples' Forces Coalition for Survival (ou Ethiopian Peoples' Alliance for Survival), une alliance de groupes armés hostiles au gouvernement et dont l'objectif est de renverser le Premier ministre Abiy Ahmed.
Depuis début octobre dernier, la contre-offensive menée au Tigré de l’Ethiopian National Defense Force, l’armée fédérale, s’est développée sur plusieurs fronts, concentrée dans le nord du pays, contre les groupes armés membres de cette nouvelle coalition officiellement formée le 20 septembre dernier. Visant à la destitution du Premier ministre Abiy Ahmed, en poste depuis 2018, et à la mise en place d’un gouvernement de transition, cette alliance compte plusieurs des majeurs groupes armés d’opposition, comme l’Oromo Liberation Army, l’Ogaden National Liberation Front et l’Amhara Fano National Movement. Cela étant, le Tigray People’s Liberation Front reste la première force de cette nouvelle coalition. Sa branche armée, les Tigray Defense Forces, a affronté l’armée fédérale il y a seulement quatre ans lors de la guerre au Tigré de 2020 à 2022. Avec plus de 600 000 morts, ce conflit a été l’un des plus meurtriers du XXIe siècle. Malgré la signature de l’accord de paix de Pretoria le 3 novembre 2022, qui a fait taire les armes, la tension n’est jamais vraiment retombée entre Mekele, la capitale de la région du Tigré, et le gouvernement fédéral. Après avoir pris Alamata, au sud de la région, l’armée fédérale et ses alliés des Tigray Peace Forces, une milice tigréenne dissidente, sont entrés à Mekele sans combattre. Mais cette victoire pour le gouvernement fédéral ravive les craintes d’un conflit régional, susceptible d’impliquer l’Érythrée. En effet, depuis la reprise de la guerre au Tigré, le pays voisin est sous le feu des accusations des autorités éthiopiennes, qui l’accusent de soutenir les groupes armés. Tout récemment, des troupes de l’armée érythréenne ont été signalées au nord du Tigré, notamment autour de la ville d’Adigrat.
