Face aux limites du dispositif civil, c’est une nouvelle fois les armées qui ont fourni des capacités essentielles pour lutter contre les feux de forêt, comme la ministre déléguée Alice Rufo a pu le découvrir le 16 août au Cannet-des-Maures. En quelques jours seulement, l’armée de l’Air a équipé un A400M avec le kit Airbus et a formé deux équipages. L’appareil a été engagé à quelques reprises sur le feu de Gironde, fin juillet, avant de poursuivre son expérimentation ailleurs. À cause du retard de livraison de produit retardant en Gironde, l’avion a réalisé ses rotations depuis Istres, à l’autre bout de la France. Les bases militaires ont également été très actives pour soutenir les aéronefs de la Sécurité civile à Orléans et à Villacoublay (incendie de Fontainebleau), à Cazaux, à Mérignac et à Mont-de-Marsan (incendies en Gironde et dans les Landes), et à Hyères (incendies du Var). Ces sites ont délivré du carburant, avec une explosion des volumes amenés par le service de l’énergie opérationnelle (SEO), mais aussi du retardant via les pélicandromes (mis en œuvre par les pompiers départementaux) qui équipent certains de ces sites.

Le drone Reaper et un Caracal de l’escadron d’hélicoptères 1/67 « Pyrénées » ont été utilisés pour la surveillance. Un A330 Morphée a aussi été placé en alerte pour des évacuations rapides. Le chef d’état-major des armées (CEMA) est venu à la rencontre de militaires impliqués à Cazaux et à Montauban, fin août.

À cette même date, l’armée de Terre a tiré un premier bilan de son engagement cet été. Voici la répartition des forces engagées (jusqu’à 2 000 militaires) lors du pic d’activité : opération Héphaïstos avec 160 militaires déployés spécifiquement pour la lutte contre les feux de forêt ; astreinte estivale récurrente avec la mise à disposition de trois hélicoptères (Cougar et Gazelle) pour l’appui aérien ; brigade militaire de Sécurité civile avec 1 800 permanents répartis dans quatre régiments d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile (RIISC) ; brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) avec le personnel déployé en permanence à Biscarrosse et 200 pompiers envoyés en renfort sur les grands feux de Gironde ; force Sentinelle avec la mobilisation d’unités pour surveiller et sécuriser les zones évacuées par la population. L’implication de Sentinelle en période de catastrophe naturelle n’est pas rare, mais c’est la première fois qu’elle est massivement requise dans le cadre de feux. Le dispositif a été intégré à Héphaïstos depuis 2025.

Le 3e régiment du génie (RG) a été mobilisé pour fournir des sections d’intervention, formées en quelques jours seulement par le 7e RIISC. Des engins de génie ont aussi été massivement mobilisés dans le cadre du mégafeu de Gironde, comme des engins et personnels du 1er régiment de chasseurs d’Afrique (RCA) de Canjuers.