Le groupe aérien mixte 56 (GAM-56) « Vaucluse » de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et l’escadron de transport 3/61 « Poitou » atterrissent sur des terrains régulièrement insolites. Ce sont cependant les conventionnels du 3/62 « Ventoux » et du Centre d’instruction des équipages de transport (CIET) qui ont donné le « la » en août dernier avec un atterrissage et un décollage sur une route nationale, à Såtenäs, en Suède. Un A400M belge avait fait de même, quelques semaines auparavant. C’est un appareil de la 62e escadre de transport (ET) d’Évreux qui a assuré cette première du côté français. La 62e ET n’est pas référencée parmi les capacités des forces spéciales, mais par les temps de disette capacitaire, et sur fond de retrait accéléré du C-130H, conserver une capacité de taille plus réduite que l’A400M — qui sera bientôt l’avion de référence du « Poitou », puis du « Vaucluse » — et néanmoins plus endurant que le Twin Otter, aux pattes courtes et relativement lent, est un compromis tactique idéal.
En démontrant sa capacité à poser sur les routes, le Casa apporte un élément de réflexion additionnel sur le renouvellement de la gamme d’avions de transport d’assaut du segment médian (ATASM), et sur l’hélicoptère lourd (l’Europe n’en fabrique pas). Cependant, il est important de noter que le Casa 235 ne peut transporter que des véhicules très légers (comme des buggys, des quads ou des motos). Il ne dispose pas non plus d’une protection automatique (comme le Twin Otter) ni d’une liaison 16 et d’un système Satcom permanent. Il peut néanmoins larguer une quarantaine de parachutistes en ouverture automatique et des chuteurs opérationnels par la rampe.
Les Casa 235 sont actuellement déployés en outremer (Guyane, Nouvelle-Calédonie, Polynésie Djibouti, La Réunion) et à Évreux. Longtemps perçus comme des cargos de temps de paix, ils ont néanmoins été utilisés dans les Balkans et au Sahel, c’est-à-dire en zone de menaces.
Les Casa stationnés à La Réunion (des CN-300, les plus endurants) se posent sur les pistes ultra-courtes des trois îles Éparses du canal du Mozambique pour effectuer des relèves dans les postes permanents sur place, tout comme en Guyane. Malgré toutes les limites de l’appareil, ces différents contextes d’emploi ont toujours amené à une culture très tactique dans les escadrons de Casa en France et à l’outremer.
