Le 13 août dernier, le président russe Vladimir Poutine s'est rendu pour la première fois dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, une visite qui a provoqué une vive protestation du Japon, qui revendique également cet archipel.
Tokyo n’a pas tardé à réagir à ce déplacement par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi. « Les Territoires du Nord constituent une partie inhérente du territoire du Japon, tant sur le plan historique qu’au regard du droit international, et le gouvernement du Japon proteste vigoureusement contre cette visite », a-t-il déclaré dans un communiqué, utilisant l’appellation japonaise de ces îles. Quant à la Première ministre, Sanae Takaichi, celle-ci a jugé « absolument inacceptable » la visite du président russe. « Cette visite va à l’encontre de la position constante du Japon sur les Territoires du Nord et offense les sentiments du peuple japonais », a-t-elle souligné. L’Union soviétique avait pris possession de l’archipel volcanique des Kouriles, situé au nord de l’île nippone d’Hokkaido, dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale et y maintient une présence militaire depuis lors. Les îles concernées, dont les noms sont similaires dans les deux pays, abritent une population composée de 20 000 citoyens russes environ. Après leur occupation en 1945, Moscou a expulsé la population japonaise d’environ 17 000 personnes. Par la suite, les îles ont acquis une importance stratégique, servant de bases aériennes et navales durant la guerre froide, lorsque l’Union soviétique était confrontée aux États-Unis et à leur plus proche allié dans le Pacifique : le Japon, justement.
