Malgré de multiples tentatives de trêves et d'accords diplomatiques, la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC) a vécu une recrudescence d'affrontements majeurs au cours de cet été 2026, principalement concentrés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu où la situation sécuritaire et humanitaire s'est fortement dégradée.
En août dernier, le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, a été l’un des théâtres majeurs des affrontements armés, notamment le secteur de Misambo où de violents combats ont opposé les rebelles de l’AFC/M23 (Alliance du Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars) aux milices d’autodéfense Wazalendo, qui agissent comme supplétifs des forces régulières, les FARDC, les Forces armées de la RDC. Les hauts plateaux du Sud-Kivu n’ont pas été épargnés. En effet, les affrontements armés se sont étendus de manière critique dans cette province où d’intenses combats ont opposé les FARDC et ses alliés aux forces de l’AFC/M23. Les zones clés de Fizi, Minembwe et le pourtour de Baraka ont été le théâtre d’assauts terrestres répétés et de frappes de drones meurtrières. Parallèlement au conflit opposant les forces rebelles et les FARDC, des éléments armés des ADF (Allied Democratic Forces), un groupe armé d’origine ougandaise, ont mené plusieurs incursions en Ituri où ils continuent de semer la terreur (ils ont récemment incendié le village de Banana École, dans le territoire de Mambasa, massacrant de nombreux civils). La situation sur le terrain témoigne de l’échec des initiatives de paix et de l’inefficacité des pressions diplomatiques menées par les États-Unis ou la médiation angolaise. L’ultimatum pour obtenir le retrait effectif des troupes rwandaises du territoire de la RDC avant la mi-juillet 2026 s’est soldé par un statu quo. Les rebelles de l’AFC/M23 ont profité du gel des opérations pour consolider leurs positions et progresser vers la ville stratégique de Bukavu. Malgré des signaux isolés récents, comme la signature d’un protocole de désarmement entre les autorités de la RDC et la rébellion rwandaise des DFLR (Democratic Forces for the Liberation of Rwanda) ou l’échange de prisonniers en août dernier, la dynamique globale reste celle d’une escalade militaire, entraînant la fuite des populations civiles. Selon le dernier rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires, les mouvements de population ont atteint des seuils critiques. Pour le seul mois de juillet 2026, on dénombre plus de 55 000 familles supplémentaires déplacées dans le Sud-Kivu et plus de 31 000 dans le Nord-Kivu.
