Après des pourparlers de dix-huit mois, la Syrie et la Russie ont enfin trouvé un terrain d'entente concernant l'avenir de deux bases militaires russes stratégiquement situées sur la côte méditerranéenne. Ces bases avaient servi de soutien important au président Bachar el-Assad pendant la guerre civile.

Cet accord-cadre redéfinit profondément le statut de la base aérienne de Hmeimim et de la base navale de Tartous : restitution des infrastructures civiles, les autorités de Damas reprenant le contrôle et la gestion de ces installations, qui comprennent l’aéroport de Hmeimim et le quatrième quai commercial du port de Tartous, lesquels réintègrent l’administration civile syrienne ; transformation des installations militaires, qui ne fonctionneront plus comme des bases souveraines russes, mais seront transformées en centres conjoints de formation et de qualification gérés à la fois par Damas et Moscou. Le mémorandum impose un calendrier strict de trois mois pour finaliser le transfert des infrastructures et mettre en œuvre la nouvelle gouvernance partagée. Il s’agit d’un tournant stratégique majeur. Pendant plus d’une décennie, ces installations ont permis à l’armée russe d’assurer la survie du régime Assad tout en projetant sa puissance militaire en mer Méditerranée. Pour les nouvelles autorités de Damas, dirigées par le président par intérim Ahmad al-Sharaa, cet accord représente une reconquête majeure de la souveraineté nationale. Il permet en outre à la Syrie de normaliser ses relations internationales avec l’Occident et les pays arabes. De son côté, bien qu’elle doive abandonner le contrôle unilatéral de ses bases, Moscou est parvenue à préserver un ancrage régional et à éviter une éviction totale du Proche-Orient grâce à cette nouvelle forme de coopération.