Après un peu plus de cinq mois de guerre contre l'Iran, les stocks américains de munitions — et notamment de certains missiles — sont au plus bas, avertissent plusieurs responsables du Pentagone, alors que Donald Trump dément fermement les estimations publiées dans les médias, CNN, Reuters et Washington Post en tête, qui affirment que les stocks disponibles ont atteint un seuil critique et qu'il faudra des années pour les reconstituer.
Début août dernier, d’après deux enquêtes séparées de Reuters et de CNN, la guerre contre l’Iran aurait vidé la quasi-totalité des missiles de frappe à longue portée de l’armée américaine et une large part de ses intercepteurs antimissiles. L’US Army aurait tiré la quasi-totalité de ses missiles MGM-140 ATACMS (Army Tactical Missile System) et de leurs successeurs PrSM (Precision Strike Missile). Les stocks de Tomahawk de l’US Navy ne seraient guère mieux lotis avec près de la moitié manquant à l’appel. Concernant les missiles intercepteurs, les chiffres pour les THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) divergent selon les sources, mais ils demeurent inquiétants, Reuters évoquant une baisse d’au moins 38 % et CNN, s’appuyant sur d’autres sources, avance un chiffre bien plus alarmant, soit près de 80 %. Sur les Patriot, en revanche, les médias s’accordent autour de la moitié des stocks consommés, même si Reuters évoque 65 %. D’autant plus que ce n’est pas tant le nombre de missiles tirés que les délais de remplacement qui posent problème. Selon CNN, les États-Unis produisent actuellement environ quinze Tomahawk et vingt Patriot par mois. À ce rythme, remplacer la moitié d’un stock de plus de 2 000 Patriot prendra du temps. Pour le THAAD, il faudra au moins trois ans pour revenir au niveau d’avant-guerre. Seuls les PrSM et les missiles de croisière air-sol AGM-158 JASSM (Joint Air-to-Surface Standoff Missile) devraient voir leur réapprovisionnement des stocks s’améliorer à la fin de 2027.
Le Pentagone n’a pas attendu ces révélations pour réagir, même si Donald Trump a affirmé que les États-Unis détiennent « bien plus de munitions que quiconque au monde » et que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a assuré que l’armée américaine a « largement assez de munitions et dispose de tout ce dont elle a besoin ». Quoi qu’il en soit, le 9 août dernier, le secrétaire adjoint à la Défense, Steve Feinberg, a demandé aux industriels de « réduire drastiquement les délais de livraison d’armes et donc accélérer leur production ». Quelques jours auparavant, le Pentagone a transformé une commande de Patriot d’un an en un contrat de sept ans, d’un montant pouvant aller jusqu’à 58,6 milliards de dollars. À noter que tous les chiffres mentionnés ci-dessus par les médias n’ont pas été confirmés officiellement par le Pentagone.
