Le Premier ministre britannique Andy Burnham a annoncé, le mois dernier, au cours de sa visite au chantier naval BAE Systems de Barrow-in-Furness, dans le nord-ouest de l'Angleterre, un investissement de 8,4 milliards de livres (9,7 milliards d'euros environ) dans la construction de quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de la classe Dreadnought.

Ce projet avait été validé sous le mandat de son prédécesseur Keir Starmer, mais c’est Andy Burnham qui va donc le lancer officiellement. L’investissement en question, alloué à la phase 4 de production, sera réparti entre 5,9 milliards de livres pour BAE Systems, responsable de la construction, de l’intégration et des essais, et 2,5 milliards pour la chaîne d’approvisionnement, qui fournit la propulsion nucléaire, le compartiment des missiles et divers composants à long délai de fabrication. Cet investissement étant déjà inscrit au plan budgétaire du ministère britannique de la Défense, l’annonce d’Andy Burnham relève donc autant du signal politique et industriel que d’un financement réellement nouveau. De cette façon, le gouvernement peut réaffirmer publiquement son engagement en faveur de la lutte contre le chômage (plus de 45 000 postes en formation et en apprentissage devraient être créés, a assuré Burnham) et de la dissuasion en ces temps où l’ex-plus grande puissance navale du monde a perdu de sa superbe. Actuellement, la dissuasion nucléaire britannique repose sur quatre sous-marins de la classe Vanguard, entrés en service dans les années 1990 ; le plus ancien ayant 33 ans et le plus jeune 27, bien au-delà de la durée de vie initialement prévue pour leurs coques et leurs réacteurs. Depuis 1969, la Royal Navy maintient en permanence au moins un SNLE quelque part sous les océans, prêt à répondre à une attaque, dans le cadre de l’opération Relentless. Cette patrouille ininterrompue depuis cinquante-sept ans constitue l’une des plus longues opérations de dissuasion continue jamais tenues par une nation. Sauf que cette permanence se paie de plus en plus cher. Faute de coques disponibles en nombre suffisant, la durée des patrouilles s’allonge à vue d’œil. Ainsi, en avril dernier, le HMS Vanguard (S28) est rentré à Faslane après 205 jours en mer sans le moindre retour au port. Les SNLE britanniques étant à bout de souffle, les remplacer est donc devenu une nécessité opérationnelle pour éviter toute rupture de la couverture dissuasive, qui sera assurée par les futurs Dreadnought.