Au cours des derniers mois, de nombreuses annonces d'acquisition de différents types de missiles ont été faites, certaines suivies rapidement de concrétisation, d'autres devant faire l'objet de programmes d'acquisitions au cours des années à venir.
C’est tout naturellement la Force aérienne belge (FAé) qui se taille la part du lion en matière d’acquisition de missiles, notamment air-air, avec un contrat de 3,69 milliards de dollars pour un nombre non précisé d’AIM-120 AMRAAM (Advanced Medium-Range Air-to-Air Missile), qui doivent armer aussi les dix systèmes sol-air NASAMS acquis auprès de la Norvège, ainsi que de 578 missiles AIM-9X Block II Sidewinder à courte portée, et probablement de missiles de croisière AGM-184 JSM (Joint Strike Missile), contrat en cours de concrétisation. Dans le domaine air-sol, l’acquisition de deux types de missiles destinés à armer les drones MALE de la FAé constitue la dernière annonce d’importance : l’AGM-114 HellFire R2 (240 missiles pour un montant de 79 millions de dollars) et le Brimstone (livraison prévue en 2027). En ce qui concerne la Force terrestre, le principal missile antichar qui sera prochainement mis en service est l’Akeron MP (moyenne portée) de MBDA, qui remplacera les Spike et équipera les unités d’infanterie débarquée, ainsi que les blindés EBRC Jaguar. Cette acquisition avait été annoncée en septembre 2023 et les livraisons devraient démarrer prochainement. La Force terrestre disposera également de ses propres missiles antiaériens, en l’occurrence de Mistral, qui seront déployés au sein des bataillons d’artillerie. Ces mêmes missiles seront également installés sur les VBMR-L Serval, accompagnés de Serval équipés de canon de 30 mm, dans le cadre d’une doctrine d’emploi similaire à celle de l’armée française avec les Serval DSA (défense sol-air avec Mistral) et LAD (lutte anti-drone avec canon de 30 mm). Enfin, les forces spéciales ont également reçu, fin 2025, leurs premiers MANPADS Piorun d’origine polonaise. La Belgique entend aussi se doter d’une capacité de frappe dans la profondeur, ce qui implique la mise en service, à terme, de nouveaux systèmes d’armes, mais, pour l’heure, aucune indication n’est faite quant au système qui serait choisi (HIMARS, PULS, Thundart, etc.). La marine, qui équipe actuellement les frégates de classe M de deux types de missiles (le missile antinavire Harpoon et le missile antiaérien RIM-7 Sea-Sparrow), n’a pas été oubliée. Les frégates ASWF (Anti-Submarine Warfare Frigate), remplaçantes prévues des frégates M, devaient embarquer la nouvelle version du Sea-Sparrow, le RIM-162 ESSM (Evolved Sea-Sparrow Missile), ainsi que le missile NSM (Naval Strike Missile), à partir duquel a été développé l’AGM-184 JSM mentionné plus haut.
