Le général Jacques Langlade de Montgros (57 ans) a commandé le 1er régiment de hussards parachutistes (RHP), a servi au cabinet réservé du ministre des Armées, et a commandé la 11e brigade parachutiste (BP). Il était précédemment directeur du renseignement militaire depuis avril 2022. Il est le premier directeur du renseignement militaire et cavalier parachutiste à devenir chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT). Il sera donc, si les prévisions du CEMA sont justes, aussi le premier CEMAT à connaître un test russe de grande ampleur contre l’OTAN. La préparation de l’armée de Terre va donc encore devoir être relevée. D’autant plus que l’armée de Terre doit aussi aligner sa première division projetable en 2027 (pour 15 000 à 20 000 militaires et leur matériel) et son corps d’armée (60 000 hommes) en 2030.

Entré à Saint-Cyr en 1988, il a rejoint le 1er RHP en 1992, puis le 2e régiment de hussards (RH) en 1995. Il a pris le commandement de son escadron à Tarbes avant de se joindre à la cellule de communication de l’état-major des armées (EMA) en 2000. Il a servi en Centrafrique, en Bosnie, au Tchad et en Afghanistan (2002-2003, 2006). Entre 2007 et 2010, il sert au cabinet réservé du ministre des Armées (liens avec les services de renseignement, sous Michèle Alliot-Marie, puis Hervé Morin). De 2010 à 2012, il commande son régiment de cœur. De 2015 à 2017, il dirige le bureau du renseignement au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), avant de revenir au cabinet de la ministre Florence Parly, cette fois en charge de l’international. En juin 2019, il obtient ses étoiles et la 11e BP. En 2021-2022, il est à la tête de la mission de formation de l’Union européenne en République centrafricaine.

Selon certains, la modernisation de l’armée de Terre centrée sur les véhicules Scorpion aura laissé de côté plusieurs sujets : les munitions (à peine récupérées par l’actualisation de la LPM), la guerre électronique, les drones et les munitions téléopérées (MTO)… Cédric Perrin, le président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, rappelait ainsi avoir récemment croisé en Roumanie un officier supérieur n’ayant jamais tiré de lance-roquettes unitaire (LRU). La logistique et l’appui ont également été sacrifiés, car l’armée de Terre manque de moyens de franchissement, ce que le général de Montenon admettait le 30 avril dernier face au président de la République. Elle manque aussi de drones et de robots, même si l’armée de Terre devrait disposer en fin d’année de 13 000 mini-drones, ce qui est encore très peu. Idem sur les MTO, malgré le travail défriché par les régiments, comme la 13e demi-brigade de Légion étrangère (DBLE) ou le 1er régiment d’infanterie de Marine (RIMa), ou au 2e régiment étranger de génie (REG).