Selon le quotidien britannique The Telegraph, d'anciens militaires ayant servi au sein du Special Air Service (SAS) auraient formé dans des camps d'entraînement à l'étranger des citoyens russes pour aller combattre en Ukraine.

Toujours selon le média britannique, c’est ce qui ressort d’une note confidentielle émanant des services de renseignement des pays de l’alliance « Five Eyes », regroupant l’Australie, le Canada, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, qui conclut, avec « un degré de certitude élevé », que d’anciens militaires occidentaux ont été recrutés pour former des ressortissants russes. The Telegraph affirme qu’il s’est procuré une note confidentielle destinée à l’ASIS (Australian Secret Intelligence Service) rédigée à partir des témoignages de deux anciens membres des forces spéciales australiennes (SASR) et d’un réserviste en activité. Tous trois auraient été sollicités pour devenir instructeurs dans des camps situés en Bulgarie et en Serbie, susceptibles d’accueillir des citoyens russes. Le document cite notamment un camp d’entraînement géré par Alfa-Metal à Mejdeni, dans le nord de la Bulgarie, qui emploie des instructeurs issus de plusieurs unités des forces spéciales occidentales, dont, outre le SAS britannique, celles australiennes et néo-zélandaises. Selon The Telegraph, le camp d’Alfa-Metal propose plusieurs types de formation, avec stages dédiés facturés environ 4 000 euros (tir de précision, combat urbain avancé, escorte et protection rapprochée, pilotage de drones, etc.). Ces stages s’adresseraient aussi à de futurs membres de sociétés militaires privées, gardes du corps et personnel de sécurité d’entreprises. Toujours selon la note consultée par le média britannique, Alfa-Metal serait lié à Alfa Region, une société de sécurité privée russe basée à Saint-Pétersbourg qui fait la promotion du camp d’entraînement sur son site internet, mentionnant des stages de formation destinés aux contractuels militaires privés. Alfa-Metal a réfuté catégoriquement ces allégations. Un représentant de la société a déclaré que le centre n’avait formé aucun citoyen russe depuis le début de l’invasion de l’Ukraine et qu’il n’avait jamais recruté d’anciens membres du SAS ou d’autres forces spéciales occidentales. L’entreprise bulgare a également nié tout lien avec Alfa Region. Cela étant, The Telegraph a souligné qu’il n’a pas pu vérifier de manière indépendante les allégations contenues dans la note de renseignement. Plusieurs sources au sein du SAS ont également mis en doute l’implication d’anciens combattants de l’unité.