Au cours de ces dernières années, Riga s'est attachée à doter ses forces armées d'une capacité de frappe dans la profondeur en se procurant six lance-roquettes multiples américains M142 HIMARS (High Mobility Artillery Rocket System), associés à des missiles balistiques MGM-140 ATACMS (Army Tactical Missile System), mais il est question d'aller plus loin.
En effet, via le média social X, le président letton Edgars Rinkēvičs a évoqué l’achat de missiles de croisière Barracuda lors de sa visite au siège de l’industriel américain Anduril. Il y a rencontré son fondateur, Palmer Luckey. « J’attends avec impatience l’acquisition complète des missiles à longue portée Barracuda et le renforcement de la coopération entre les industries de défense lettone et américaine », a-t-il annoncé sans en dire plus. Si cet accord se concrétise, la Lettonie deviendra le premier État balte à posséder des armes de frappe de cette catégorie, le Barracuda-500 étant capable d’atteindre, grâce à son turboréacteur aérobie, une cible située à plus de 900 km de distance, en volant à la vitesse de plus de 900 km/h. En effet, la Lettonie étant dépourvue d’aviation de combat, il est quasiment certain que le missile évoqué par Edgars Rinkēvičs est le SLB-500M, c’est-à-dire la version sol-sol du Barracuda-500. Au-delà de son efficacité opérationnelle, ce missile présente deux atouts : il est peu coûteux (le coût unitaire est de loin inférieur au prix d’un missile de croisière traditionnel comme le Tomahawk) et il peut être produit à grande échelle dans des délais réduits. Qui plus est, pour procéder à cette acquisition, Riga pourrait puiser dans les 3,5 milliards d’euros de prêts accordés par la Commission européenne au titre du mécanisme financier SAFE (Security Action for Europe). Bien que ce dispositif impose une contrainte stricte (l’achat de matériel militaire ne peut pas contenir plus de 35 % de composants hors Union européenne), le fait qu’Anduril ait signé un partenariat industriel pour produire le Barracuda-500 en Pologne avec le groupe PGZ rend ce missile éligible à ces fonds européens. Rappelons qu’en juillet dernier, Anduril a conclu un accord avec PGZ pour assembler le Barracuda-500 dans ses installations de Bydgoszcz, située dans le nord de la Pologne.
