L'allongement de la durée du service militaire ne suffira pas à combler le manque de soldats, a prévenu le général Dado Bar Kalifa, le responsable des effectifs de l'armée israélienne, après un vote de la Knesset sur ce sujet, qui a fait passer la durée de la conscription de 30 à 32 mois.

Alors qu’une majorité de la population israélienne continue à réclamer l’inclusion des ultra-orthodoxes, le général Dado Bar Kalifa estime que cette prolongation de deux mois est insuffisante pour combler le manque d’effectifs au sein de Tsahal, même si elle permettra, provisoirement, de stabiliser les unités et de donner un léger répit aux appelés comme aux réservistes, épuisés par des mois de conflit sur plusieurs fronts. Mais le compte n’y est pas, l’état-major de l’armée israélienne réclamant un retour aux 36 mois de service en vigueur avant 2015. Face à l’usure des troupes, Tsahal estime avoir besoin de 12 000 hommes supplémentaires, dont 7 000 combattants, pour faire face à ses missions actuelles et futures. Pour le général Dado Bar Kalifa, cette réforme de la conscription n’écarte pas la nécessité d’élargir le recrutement à l’ensemble de la société. Une formule qui cible directement la communauté ultra-orthodoxe. Actuellement, près de 70 000 jeunes religieux en âge de servir sous les drapeaux restent exemptés. Un sujet hautement sensible pour la coalition gouvernementale, qui tente par tous les moyens législatifs de préserver les privilèges de son électorat religieux. Pourtant, en juin 2024, la Cour suprême, la plus haute instance juridique d’Israël, avait statué à l’unanimité que l’exemption généralisée était discriminatoire, ordonnant à l’État de commencer à enrôler les étudiants des écoles talmudiques, d’où la création du 97e bataillon « Netzah Yehuda » , initialement appelé « Nahal Haredi », une unité d’infanterie spécialement mise en place pour permettre aux juifs ultra-orthodoxes, les haredim, d’accomplir leur service militaire tout en préservant strictement leur mode de vie religieux. Depuis, Tsahal a développé des unités adaptées sans mixité. C’est le cas, par exemple, de la nouvelle brigade « Hashmonaim », dont le premier bataillon de réserve est devenu opérationnel en août dernier.