Kim Yo-jong, sœur du dirigeant Kim Jong-un et personnage important du régime de Pyongyang, a publié une déclaration dénonçant l'attitude « belliqueuse » du Japon, qui renforce depuis plusieurs années ses capacités militaires.

Si, habituellement, l’attention de Pyongyang est principalement tournée vers la Corée du Sud et les États-Unis, le Japon prend de plus en plus d’importance pour la Corée du Nord. Cela en raison du fait que Séoul, Washington et Tokyo intensifient et approfondissent leur coopération militaire dans la région. Pyongyang cible aussi la révision de la stratégie de sécurité nationale japonaise et accuse Tokyo de transformer le pays en « État belliqueux ». Cela fait suite aux déclarations du ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, qui juge « impératif que le Japon renforce et transforme encore davantage ses capacités de défense » face aux menaces croissantes émanant de la Chine, de la Russie et de la Corée du Nord. En 2025, le Japon a augmenté ses dépenses militaires de 9,7 % pour atteindre 62,2 milliards de dollars, soit 1,4 % de son PIB, le niveau le plus élevé depuis 1958 en proportion de la richesse nationale. Pyongyang dénonce aussi ce qu’elle appelle les « capacités de frappe préventive » développées par Tokyo, qu’elle juge menaçantes pour la paix régionale. Elle se réfère notamment aux récents essais de missiles de croisière Tomahawk par les forces maritimes japonaises, ainsi que des exercices conjoints avec les États-Unis aux Philippines. Un autre facteur d’inquiétude pour la Corée du Nord est l’attitude de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, qui a annoncé que le Japon était prêt à déployer ses forces armées en cas de conflit entre la Chine et Taïwan. Pyongyang craint que cette attitude plus offensive de Tokyo puisse également être dirigée contre la Corée du Nord, alliée de Pékin. Tokyo rejette cependant les accusations nord-coréennes, le ministère japonais de la Défense ayant assuré que la politique de Tokyo resterait limitée à la « légitime défense », conformément à la Constitution pacifiste du pays. Cela étant, les experts de la région s’attendent à une escalade des provocations militaires nord-coréennes. Ainsi, au lendemain de la déclaration de Kim Yo-jong, le régime de Pyongyang avait déjà tiré plusieurs missiles balistiques à courte portée depuis la région de Wonsan en direction de la mer du Japon. Mais au-delà de ces tirs de missiles, la montée en puissance des forces armées japonaises nourrit la rhétorique nord-coréenne en faveur de la poursuite de son programme nucléaire et de son alliance avec la Russie et la Chine.