L’objectif d’Ottawa est double : affirmer sa présence dans l’Arctique, tout en réduisant sa dépendance aux États-Unis. L’essentiel des investissements se concentre sur des bases déjà existantes dans trois communautés du Grand Nord canadien : Yellowknife, Inuvik, Iqaluit. Ottawa veut y moderniser les pistes d’atterrissage, construire des hangars, stocker du carburant et des munitions, mais aussi améliorer les logements militaires. Ces bases font déjà partie du système de défense aérienne nord-américain géré avec les États-Unis, mais, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et ses propos visant à faire du Canada le 51e État américain, Ottawa cherche à renforcer son indépendance et, notamment, à être capable de défendre seul sa souveraineté dans l’Arctique. Le Canada investit également dans une nouvelle génération de brise-glaces à la pointe de la technologie. Deux nouveaux navires sont actuellement en construction, pour un coût unitaire supérieur à trois milliards de dollars canadiens (2,2 milliards de dollars américains). Attendus pour 2030 et 2032, ils doivent remplacer progressivement une flotte vieillissante, qui assure depuis des décennies les missions de souveraineté, de ravitaillement et de sécurité maritime dans les eaux arctiques. « Le Canada est, et sera toujours, un pays de l’Arctique », a martelé Mark Carney. Il a ajouté : « Face à de nouvelles menaces, nous renforçons la collaboration en matière de défense avec nos partenaires de l’Arctique », se référant à la participation active de l’armée canadienne à l’exercice Cold Response. La région est un enjeu stratégique majeur pour Ottawa, l’Arctique représentant près de 40 % du territoire canadien. En outre, avec la fonte de la banquise, de nouvelles routes maritimes s’ouvrent, suscitant l’intérêt des grandes puissances régionales, à commencer par les États-Unis, mais aussi la Russie et la Chine.
