Les matériels chinois semblent confirmer la relative mauvaise réputation qu'ils ont en Occident. S'ils sont fabriqués en masse pour des prix plus que compétitifs, des problèmes de fiabilité apparaissent rapidement.

Ce serait le cas pour le système de défense aérienne HQ-9B qui est présenté comme l’équivalent de la plateforme de missiles Patriot américaine. Mais ce système semble avoir trouvé ses limites au Pakistan puis en Iran n’ayant pas répondu aux attentes de ses utilisateurs. Le label « éprouvé au combat » qui est une garantie d’efficacité en conditions réelles n’a pas apporté la confirmation des qualités vantées sur les brochures spécialisées.

Cela peut changer l’estimation de la valeur des forces de défense aériennes chinoises qui ont déployés un grand nombre de HQ-9B sur leur propre territoire.

Pakistan 2025

En mai 2025, le Pakistan et l’Inde se sont affrontés au cours d’un bref mais violent conflit de quatre jours au cours duquel les deux pays ont mis en œuvre une gamme d’armements et de technologies modernes dont des systèmes de défense aérienne. Le Pakistan qui avait acquis des HQ-9B et des HQ-16 chinois les a activés lors de ces affrontements.

Ils n’ont pas répondu aux attentes si bien que l’Inde a pu annoncer que n’ayant pas rencontré de défenses sérieuses, elle a réussi à atteindre de nombreuses cibles détruisant près de 20 % des infrastructures de l’armée de l’air pakistanaise.

Pour les spécialistes, le système de défense chinois a échoué en raison de la dépendance excessive des responsables militaires pakistanais à l’égard d’un système automatisé facile à brouiller et à l’effet de saturation, l’Inde ayant lancé de nombreuses armes simultanément.

En réponse, les autorités chinoises ont évoqué des erreurs d’utilisation par les servants qui expliquerait l’inadéquation de leurs systèmes au Pakistan. Elles ont accusé via les réseaux sociaux l’armée pakistanaise de « manque de professionnalisme. »

Selon la presse indienne, Pékin a demandé à Islamabad d’escamoter toute preuve confirmant l’échec des systèmes de défense.

Iran 2026(1)

Suite à la « guerre des douze jours » de juin 2025, Téhéran a cherché à renforcer sa protection aérienne. Ainsi, l’Iran a commencé à déployer des systèmes de défense antimissile dans des zones qu’il estimait susceptibles d’être visées par les Forces de défense israéliennes et les États-Unis.

L’Iran utilisait auparavant des S-300 PMU-2 de fabrication russe, mais Tsahal avait neutralisé la majeure partie de cet arsenal lors des frappes de 2025.

L’architecture de défense aérienne a donc été revue pour fonctionner par couches. Celle à longue portée était basée sur des HQ-9B et des radars YLC-8B chinois soutenus par les systèmes S-300 PMU-2 survivants et les Bavar-373 autochtone iranien.

Des systèmes à moyenne portée tels que Khordad-15 et Raad devaient combler les lacunes de couverture tandis que des systèmes à courte portée Tor-M2, Pantsir-S1, Zolfaqar et des Manpads étaient chargés de contrer les menaces au plus près.

Malgré ce réseau de défense aérienne performant sur le papier, un grand nombre de munitions ont atteint leurs objectifs. Les Forces de défense israéliennes ont déclaré qu’elles avaient «démantelé la majorité des systèmes de défense aérienne dans l’ouest et le centre de l’Iran», permettant l’établissement de la supériorité aérienne au dessus du pays.

Selon les spécialistes, des perturbations radar et l’absence d’un système pleinement intégré ont conduit à la défaillance de la globalité de la défense aérienne iranienne. De plus, le mélange des matériels combinant des technologies russes, chinoises et nationales a entraîné des dysfonctionnements et des temps de réaction trop longs.

Venezuela 2025/26

Pour mémoire, le Venezuela avait acquis le radar anti-furtivité chinois JY-27A pour l’utiliser avec le système de missiles sol-air russe S-300VM.

Lors du raid américain sur Caracas, les contre-mesures électroniques américaines ont facilement perturbé le système radar chinois avant même que les missiles ne puissent verrouiller leur cible.

La mission fut un succès pour les États-Unis et un échec pour les matériels radar chinois.

À propos du HQ-9B

Le système HQ-9B chinois n’est engagé au combat que depuis peu et ses performances semblent limitées par rapport aux annonces industrielles.

Ceci soulève des interrogations quant à la capacité de défense intérieure de la Chine, d’autant plus que le pays a déployé le HQ-9B autour de Pékin, du Tibet et de la mer de Chine méridionale, soulignant sa centralité à la défense aérienne chinoise.

À noter qu’une version navale HHQ-9B arme ses destroyers.

Développé par la China Aerospace Science and Industry Corporation, le HQ-9B s’inspire du S-300 PMU russe et du Patriot PAC-2 américain, mais est il décrit par Pékin comme une plate-forme totalement nationale.

D’abord testé en 2006 et opérationnel depuis plus d’une décennie, pouvant suivre jusqu’à cent cibles simultanément il pourrait en rengager six à huit en même temps jusqu’à une distance maximale de 260 kilomètres et à une altitude d’interception allant jusqu’à 50 kilomètres. Il a la capacité de couvrir une superficie de près de 200 000 km².

Son système radar a un balayage à 360 degrés et peut (théoriquement) fonctionner dans des environnements dégradés en raison de fortes interférences électroniques adverses.

Il permet la mise en œuvre de différents types de missiles pour détruire des cibles volant à basse altitude, des missiles de croisière et des missiles balistiques.

La compatibilité entre la technologie chinoise et les anciennes plateformes d’armement soviétiques est un facteur clé qui permet au HQ-9B de pénétrer facilement les marchés russes traditionnels.

Il pourrait suivre jusqu’à cent cibles simultanément et en engager six à huit à la fois.

À l'export

Le système HQ-9B s’impose progressivement sur le marché de l’exportation d’armements, remplaçant les systèmes russes S-300 dans de nombreuses zones stratégiques à travers le monde.

Le Pakistan a été le premier pays à se doter du HQ-9B en 2021.

En Azerbaïdjan, le système HQ-9B devrait remplacer le système S-300 PMU-2 acquis auprès de la Russie dans les années 2000. Ce système fonctionnera en parallèle afin de compléter les capacités des systèmes à moyenne portée existants, tels que le Tor-M2 et le Barak-8.

Le système HQ-9B étend son influence non seulement au Turkménistan et en Ouzbékistan mais aussi en Afrique et au Moyen-Orient.

L’Algérie l’a déployé aux côtés des S-300 et S-400, créant ainsi un réseau de défense aérienne dense.

L’Égypte en aurait commandé dans le cadre de sa stratégie de diversification de ses sources d’approvisionnement en armement.

Ce système a montré ses limites mais il convient de ne pas se faire d’illusions. Les ingénieurs chinois vont étudier scrupuleusement les retours d’expérience (RETEX) pour apporter les modifications nécessaires qui devraient rendre ces armements plus performants.

(1) Voir : « Face aux États-Unis, la Chine aide l’Iran » du 12 février 2026.