Le 25 février, les forces cubaines ont intercepté un bateau rapide immatriculé en Floride au large de Cayo Falcones à 1,6 kilomètre des côtes nord de Cuba à environ 200 kilomètres à l'est de la capitale.

Le bateau rapide est arrivé à moins d’un mile nautique d’un chenal sur Falcones Cay, sur la côte nord de Cuba à environ 200 km (120 miles) à l’est de La Havane, lorsqu’il a été approché par cinq membres d’une unité de patrouille frontalière cubaine, a déclaré Cuba.

Le bateau à moteur a ensuite ouvert le feu, blessant le commandant du navire cubain, précise le communiqué.

Le gouvernement cubain a déclaré que la majorité des dix personnes qui sont des émigrés cubains « ont des antécédents connus d’activités criminelles et violentes. »

Ils étaient vêtus de treillis de camouflage et armés de fusils d’assaut, d’armes de poing, d’explosifs improvisés, de gilets pare-balles et de lunette de vision télescopiques.

Cuba a déclaré avoir identifié les six blessés dont deux étaient auparavant recherchés à Cuba pour des soupçons de planification d’actes terroristes : Amijail Sánchez González et Leordan Enrique Cruz Gómez.

Les quatre autres ont été identifiés comme étant Conrado Galindo Sariol, José Manuel Rodríguez Castelló, Cristian Ernesto Acosta Guevara et Roberto Azcorra Consuegra.

Un autre Cubain, Duniel Hernandez Santos, arrivé depuis les États-Unis sur l’île précédemment et dont la mission aurait été d’accueillir le bateau a également été arrêté.

L’une des personnes décédées a été identifiée comme étant Michel Ortega Casanova, tandis que les identités des trois autres morts ne sont pas encore connues.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait déclaré aux journalistes qu’il avait été informé de l’incident et que les États-Unis recueillaient maintenant leurs propres renseignements pour déterminer si les victimes étaient des citoyens américains ou des résidents permanents. Il a précisé : « il suffit de dire qu’il est très inhabituel de voir des fusillades en pleine mer comme ça. Ce n’est pas quelque chose qui arrive tous les jours. C’est quelque chose, franchement, qui n’est pas arrivé avec Cuba depuis très longtemps. ».

Le procureur général de Floride, James Uthmeier, a déclaré qu’il ordonnait aux procureurs d’ouvrir une enquête en collaboration avec d’autres partenaires étatiques et fédéraux chargés de l’application de la loi.

Contexte

L’incident a eu lieu alors que les États-Unis ont bloqué pratiquement toutes les cargaisons de pétrole vers l’île, augmentant la pression sur le gouvernement communiste de l’île.

Parallèlement, les forces américaines ont capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro à Caracas le 3 janvier(1), retirant l’allié principal du régime cubain.

Rubio a réitéré sa rhétorique contre qualifiant le statu quo d’insoutenable et affirmant que Cuba devait changer « de manière drastique. »

Les exilés cubains qui sont largement concentrés à Miami ont longtemps rêvé de renverser le gouvernement cubain et ont par le passé comploté contre le régime qui a été établi par Fidel Castro décédé en 2016. L’épisode de l’échec du débarquement de paramilitaires appuyés par la CIA dans la Baie des Cochons en 1961 est dans toutes les mémoires.

Quelques opposants cubains ont ensuite tenté des actes de sabotage au cours des décennies passées mais de tels complots sont devenus beaucoup moins courants ces dernières années.

Il convient d’attendre les résultats des enquêtes indépendantes pour en savoir plus sur cette mystérieuse affaire. Les « aveux » des personnes arrêtées par les autorités cubaines sont à prendre avec beaucoup de précautions.

Mais Cuba occupe une position géographique importante pour tous les cartels de la drogue qui sont très actifs en Amérique latine. Beaucoup de ses derniers sont liés avec les Triades chinoises pour se fournir en matière première pour fabriquer des méthamphétamines et autres drogues chimiques comme le Fentanyl(2). Peut-être une coïncidence, mais la Chine entretient encore de bonnes relations avec Cuba…

Les « flottes » des trafiquants sont actuellement pourchassées par les pays occidentaux et – très violement – par les autorités américaines.

Ce qui vient de se passer a plus une « odeur » de crime organisé que d’opération politico-terroriste…

(1.) Voir : « Coup de main audacieux US sur le Venezuela » du 5 janvier 2026.

(2.) Voir : « Les intermédiaires du crime organisé latino-américain » du 10 novembre 2025.