Selon le site BalticShipping.com, il appartient à la société turque Albros Shipping & Trading company mais battait pavillon de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.
Il faisait route depuis Saint-Pétersbourg avec pour destination finale le port de Haïfa, en Israël.
Après que les garde-côtes finlandais soient montés à bord environ six heures après le signalement de la perturbation des câbles sous-marins (04 H 53 heure locale), le navire, a été conduit vers le port de Kantvik à Kirkkonummi proche d’Helsinki.
La responsabilité de l’affaire avait alors été transférée des garde-côtes finlandais à la police et aux douanes d’Helsinki. Deux des membres d’équipage (vraisemblablement le capitaine et son second) ont été placés sous mandat d’arrêt et deux autres ont été placés sous le coup d’une interdiction de voyager, a indiqué la police. À noter qu’il se composait de quatorze marins russes, géorgiens, kazakhs et azéris.
Des responsables des douanes qui ont inspecté le Fitburg ont rapporté à la presse qu’il transportait de l’acier russe soumis à des sanctions de l’Union européenne. L’acier a été placé sous séquestre en attendant des éclaircissements et une procédure a été lancée « en vue de mener une enquête préliminaire sur une violation potentielle des sanctions. »
Soupçons de sabotage des câbles sous-marins
Un hélicoptère dépêché sur place avait signalé que le navire traînait son ancre sur le fond marin. Le chef adjoint de la police d’Helsinki, Heikki Kopperoinen, a déclaré à la presse : « à ce stade, il est encore trop tôt pour déterminer s’il s’agit d’un acte intentionnel ou d’un accident. »
Le procureur général adjoint de Finlande, Jukka Rappe, a affirmé qu’il existait de « forts indices d’un crime » impliquant le Fitburg, mais qu’il était trop tôt pour tirer des conclusions.
La police finlandaise a précisé enquêter sur des faits de « dommages criminels aggravés, tentative de dommages criminels aggravés et entrave aggravée aux télécommunications. »
Le navire se trouvait dans la zone économique exclusive de la Finlande lorsqu’il a été repéré par le patrouilleur « Tulsa » et un hélicoptère des garde-côtes.
Les câbles endommagés se trouvaient entre la Finlande et l’Estonie. L’un appartenait à l’opérateur finlandais de télécommunications Elisa et l’autre, selon l’Estonie, au fournisseur suédois Arelion.
L’opérateur Elisa a confirmé que des déviations de secours avaient limité l’impact de la rupture des communications pour ses les clients, mais que la réparation complète nécessitera l’envoi de navires câbliers spécialisés et pourrait prendre des semaines en fonction des conditions météorologiques hivernales.
Le contexte
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, la plupart des dirigeants politiques européens considère le sabotage présumé des câbles en mer Baltique comme faisant partie d’une guerre hybride menée par la Russie contre les pays occidentaux(1).
Parallèlement, ils accusent Moscou d’utiliser des navires vétustes appartenant à une « flotte fantôme » pour transporter clandestinement du pétrole à travers le monde, et ce, en violation des sanctions occidentales. Des navires de cette flotte ont été impliqués dans le passé dans des cas de sectionnement de câbles sous-marins et mais aussi dans l’apparition mystérieuse de drones au Danemark et en Allemagne.
En janvier 2025, l’OTAN a renforcé sa présence navale dans la région dans le cadre de l’opération « Baltic Sentry. » Cette décision faisait suite à la saisie, le jour de Noël 2024, par des commandos finlandais d’un autre navire, l’Eagle S, qui avait endommagé des infrastructures critiques.
Un tribunal d’Helsinki a acquitté l’équipage au motif que l’incident s’était produit en dehors des eaux territoriales finlandaises et ne relevait donc pas de ses compétences. Le parquet a fait appel de cette décision…
Un cadre de l’OTAN a déclaré à la presse le 31 décembre : « depuis le lancement de Baltic Sentry début 2025, et avant ce dernier cas qui fait toujours l’objet d’une enquête, aucun incident de dommage intentionnel aux câbles sous-marins n’a été recensé en mer Baltique […] Baltic Sentry contribue à nos efforts de dissuasion et permet des interventions rapides en cas d’incidents suspects […] Dans ce cas précis, l’OTAN apporte son soutien à la Finlande en matière d’analyse et d’échange d’informations depuis son centre maritime, afin de faciliter sa réaction. »