Le navire aurait quitté l’embouchure du fleuve Amazone, le long des côtes brésiliennes, à destination d’une destination inconnue dans la péninsule ibérique.
Les autorités ont arrêté cinq membres d’équipage, des citoyens brésiliens, colombiens et espagnols.

Cette opération a été menée par la marine portugaise appuyée par la Garde civile espagnole, la police judiciaire portugaise, la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine, le centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants (MAOC-N, l’agence internationale basée à Lisbonne) et la National Crime Agency (NCA) britannique.
Les chemins d’acheminement des drogues évoluent(1) avec le temps et, ces dernières années, les autorités européennes ont intercepté un nombre croissant de semi-submersibles, notamment le long des côtes ibériques, bien que ces navires soient souvent retrouvés vides ou coulés par l’équipage lors de leur découverte. Comme pour les périples ayant lieu entre l’Amérique centrale et les États-Unis, ces embarcations à bas coûts ne sont jamais employées deux fois. Par contre, étant donnée la dangerosité de la traversée des océans, nul ne sait combien d’embarcations de ce type ont disparu corps et biens.
Les autorités espagnoles ont découvert le premier sous-marin narcotrafiquant d’Europe en octobre 2019, après une tentative avortée de déchargement de 3 tonnes de cocaïne dans la Ría de Aldán, en Galice(1) – une saisie qui, était à l’époque la plus importante du genre.
Le navire avait parcouru quelque 3.000 kilomètres en 26 jours le long des fleuves Negro et Amazone au Brésil avant d’atteindre l’Atlantique et de parcourir 11.112 kilomètres jusqu’en Espagne.

Jusque là, les spécialistes pensaient que c’était impossible soulignant les conditions océaniques difficiles et la construction artisanale de ces embarcations.
Les réseaux océaniques de trafic de drogue se tournent de plus en plus vers les semi-submersibles dont la conception améliorée permet de transporter des charges de cocaïne plus importantes et des missions à plus longues distances comme vers l’Australie(2).
À l’origine, ces navires étaient couramment utilisés pour de courts trajets le long des rivières et des côtes d’Amérique du Sud, transportant généralement environ 2,5 tonnes de cocaïne en raison de leurs dimensions limitées.
Mais les récentes améliorations apportées à leur construction et à leur conception, associées à leur faible détectabilité en mer, leur ont permis de parcourir de plus longs trajets et de transporter des cargaisons plus importantes.
Les semi-submersibles transfèrent souvent leur cargaison en mer vers des bateaux plus petits, comme des embarcations rapides ou des chalutiers.

Depuis 2019, plusieurs semi-submersibles ont été détectés dans l’Atlantique Est, étendant leur aire de répartition au-delà du nord-ouest de la péninsule Ibérique – porte d’entrée traditionnelle de la cocaïne vers l’Europe via les côtes galiciennes – et apparaissant le long de nouvelles routes transocéaniques.
En juin 2024, les autorités espagnoles ont intercepté un semi-submersible transportant près d’une tonne de cocaïne à environ 518,5 kilomètres à l’ouest de la province de Cadix, dans le sud de l’Espagne, une région où le trafic de cocaïne a récemment connu une forte augmentation.
De même, en janvier 2025, un narco-submersible vide a été découvert sans équipage au large du Black Johnson, en Sierra Leone.
Les côtes ouest-africaines ont longtemps servi de plaque tournante pour le transbordement de cocaïne à destination de l’Europe. La Sierra Leone – comme le Cap Vert – font l’objet d’une surveillance accrue depuis janvier 2025, suite à des informations selon lesquelles le trafiquant de drogue néerlandais Johannes Leijdekkers, alias « Jos », un fugitif, pourrait opérer dans le pays et être lié à cette affaire récente.

Bien sûr, les autres modes de transport de drogues sont toujours employés, le plus important restant le fret maritime via les millions de containers qui circulent et l’impossibilité matérielle d’en contrôler un grand nombre.
(1) Voir : « Nouvelle route de la drogue vers l’Australie » du 4 décembre 2024.
(2) Voir : « Évolution du crime organisé entre le continent américain et l’Europe » du 31 mars 2025.