Des dizaines d’appareils israéliens ont mené un raid à longue distance contre le site portuaire d’Hodeïda au Yémen tenu par les rebelles houthis, bras armé de Téhéran dans la région.

Le premier ministre Netanyahou et son ministre de la défense Gallant ont approuvé l’opération le vendredi 19 juillet matin. Samedi à 14h30, une réunion formelle du cabinet a eu lieu pour approbation finale et vers 15h00, les avions ont pris l’air.

L’échelon politique a bien insisté sur le fait que cette frappe était purement israélienne et non pas une opération conjointe avec les États-Unis qui en ont été « informés. » Cela dit, il est vraisemblable que les forces occidentales présentes en mer rouge aient apporté une assistance – au moins dans le domaine du renseignement – à Tsahal.

Cette démonstration qui a eu lieu en plein jour a mis en valeur la puissance offensive aérienne israélienne et la faiblesse de le défense anti-aérienne des forces houthies.

Au moins dix cibles auraient été attaquées autour d’Al Hodaïda et pas seulement des dépôts pétroliers.

Israël avait prévu que les incendies dureraient plusieurs jours et des munitions appropriées à cet effet ont été choisies (sans doute avec des retardateurs pour certaines.)

Les cibles avaient été choisies dans les premiers mois de la guerre de Gaza au cas où l’un des tirs des Houthis pénètrerait en Israël et s’avèrerait mortel. La riposte était donc déjà dans les cartons – élémentaire pour tout état-major -.

L’armée de l’air israélienne s’était entrainée depuis plusieurs mois à des missions de ravitaillement au-dessus de la Grèce.

Dans cette opération, un Boeing 707 ravitailleur a fait ses preuves malgré ses 60 ans d’âge.

Le plus grand danger était pendant le vol aller, c’est pourquoi les F-35 furtifs ont joué un rôle central dans l’opération mais ‘autres appareils ont dus être engagés en deuxième vague.

Israël est conscient que les Houthis vont continuer à lancer des attaques contre lui mais la politique actuelle de l’État hébreu est simple : cogner quelque puissent en être les dégâts…

Israël est en guerre depuis sa création. Son objectif est simple : survivre au jour le jour. Pour cela, il convient de dissuader tous les adversaires existants ou potentiels d’aller trop avant. Son ennemi actuel est connu : le régime iranien (cela n’a pas toujours été le cas) qui agit par proxies, Hezbollah libanais, milices chiites irakiennes, Damas, mouvements palestiniens et les Houthis yéménites.

Pour ces derniers, le jeu complexe du Proche-Orient fait qu’Israël est l’allié indirect de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis (EAU) engagés dans un conflit contre ces rebelles depuis 2015…

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Texte

Alain Rodier