Le Département d’État américain offre une récompense de dix millions de dollars pour tout renseignement permettant la neutralisation de Muhammad Kawtharani, un haut responsable de Hezbollah libanais actif en Irak. Il est considéré comme un chef opérationnel de premier niveau travaillant de conserve avec la force Al-Qods des pasdarans iraniens ayant notamment collaboré avec son chef le major général Qassem Soleimani, exécuté au début 2020 par un drone US à l’aéroport de Bagdad. Ce qui intéresse encore plus Washington, ce sont les réseaux financiers que dirigerait cet activiste, les financements de ce mouvement restant obscurs car Téhéran n’est plus en mesure de fournir – et ce depuis des années – les liquidités nécessaires à son fonctionnement. Membre du conseil politique du Hezbollah, Kawtharani agirait en dehors du contrôle du gouvernement irakien (ce qui peut paraître un peu étonnant) et serait engagé dans des opérations criminelles dont la fourniture d’une aide logistique, financière et d’entraînement aux milices chiites locales, les Hach al-Chaabi. La polémique sur ces milices montées en 2014 à l’initiative de l’ayatollah Ali al-Sistani, la plus haute autorité religieuse en Irak pour s’opposer à l’avancée de Daech, se poursuit. Les Américains oublient de préciser que l’armée irakienne qu’ils équipaient et entraînaient depuis des années s’était lamentablement effondrée. Les conseillers US ont d’ailleurs ensuite au moins « croisé » les milices Hach al-Chaabi qui tenaient le front laissant le temps aux unités régulières qu’ils soutenaient de se reprendre.

Déjà repéré en 2013 pour avoir facilité le mouvement de combattants venus soutenir le régime de Bachar el-Assad en Syrie, son frère Hussein est aussi inscrit sur la liste noire de Washington car il serait également très engagé en Irak.

La crise mondiale provoquée par la pandémie du coronavirus ne fait pas oublier à Washington ses adversaires prioritaires : l’Iran (et donc son principal bras armé à l’étranger, le Hezbollah libanais) et, en second lieu, la Russie. En ce qui concerne l’Iran, les sanctions de Washington contraignent ce pays à en terminer progressivement avec le confinement car la sauvegarde de l’économie du pays ne le permet plus. Nul doute que les experts internationaux vont examiner à la loupe les conséquences de cette mesure qui servira de test en grandeur réelle. Les méandres de la guerre asymétrique sont insondables. Ne parlons pas de morale dans ce domaine…

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Alain RODIER

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