RAIDS a pu rencontrer les chefs de section de la compagnie d’appui du 17e régiment du génie parachutiste (17e RGP), qui défilaient cette année sur les Champs-Elysées.

Comme c’est le cas à chaque 14 Juillet, cette année encore, seule une délégation de la compagnie d’appui du 17e RGP était présente. Elle compte, au quartier, 250 paras œuvrant aussi bien comme sapeurs commandos que dans la production d’eau et d’énergie, ou encore sur les travaux sommaires (elle a été déployée à Madama dans ce but).

GCP

Le groupe commando parachutiste est la composante de pointe de la compagnie d’appui. Une de ses équipes avait tenu à Birao, en mars 2007, avant d’être assistée par le GCP du 3e RPIMa et le COS, lors d’un saut historique d’une cinquantaine de chuteurs. La section a rendu ses Famas pour passer en Scar, et doit migrer à terme sur HK416. Pour les appuis, la section dispose aussi de HK417 pour les tireurs de précision (TP) et de Sako .338 pour le tireur d’élite. L’évolution de l’effectif est assez nette : il est passé de 14 (une équipe) à 23 (deux équipes, norme pour les régiments d’appui) en quelques années. Et le format doit encore être consolidé à 28 pax. « Nous avons connu un gros ajustement d’effectif avec le Mali, ce qui a créé un fort effet Venturi, explique un des officiers. On a augmenté le nombre de sélections régimentaires, puis de places dans le stage Jedburgh [la formation initiale du GCP], puis de places en chutops à l’ETAP. Au 17e RGP, nous sommes des sapeurs commandos, ce qui nous garantit un rythme élevé puisque nous fournissons en autorelève pour les qualifications EOD [démineur]. Quatre sapeurs sont déployés en permanence sur le théâtre au sein du GCP Cobra [qui compterait une quarantaine de commandos]. Le GCP 17 a pris le groupement de Serval en janvier 2013 avec une équipe à 10. » Puis l’unité est arrivée à 10 sur « Cobra 1 » dès le second semestre 2013. « Cobra 11 » est parti cet été.

Le chef d’équipe que nous rencontrons est un ancien sous-officier du 6e RG. Il compte déjà onze ans d’armée de terre. Après cinq ans comme chef de groupe, quatre ans et demi comme sergent, deux mois comme sergent-chef, il a basculé à l’Ecole militaire interarmes (EMIA) pour sa formation d’officier. Il a fait ses sélections GCP alors qu’il était à l’EMIA en application. L’autre chef d’équipe est un officier sous contrat (OSC). Il sera capitaine dans quinze jours.

EOD

La section EOD comprend un officier, six sous-officiers et six EVAT (engagés), ainsi que cinq sous-officiers en double emploi, par exemple dans la salle spécialisée vitrine du régiment. Elle tient des alertes territoriales à 30 minutes. « Le camion est prêt, sous tension, il n’y a plus qu’à charger les explosifs », explique le sous-officier que nous rencontrons. La section est compétente sur les enceintes militaires de huit départements qui recouvrent sept régiments et quatre bases aériennes, plus une base navale. Depuis 2015, elle fournit des éléments au groupement d’appui aux opérations spéciales (GAOS) avec préavis de 48 heures. La composante reste néanmoins modeste, avec deux équipes en 0/2/2.

La section doit aussi pouvoir répondre à l’échelon national d’urgence des troupes aéroportées (ENU TAP, anciennement Guépard parachutiste) en 12 heures. Cet ENU TAP a été déclenché au printemps lors de l’exercice Jaguar réalisé par le 8e RPIMa à Djibouti, depuis la métropole. « Quand on est largués, on oublie la tenue lourde et le robot PackBot 510. On se contente des équipements parachutables : des canons disruptifs [deux], des matériels de détection, des explosifs, du sondage, de la traction à distance, de la mise en œuvre électrique et du petit matériel. Le matériel radiographique, le CP120, tient dans une valise. Il est moins encombrant que la radiographie classique, mais ne produit que des films et ne peut pas se transmettre. » La section doit aussi faire sans scanner, bien utile pour voir au travers d’écrans ou de valises. Il faut se contenter d’endoscopes… 

SNIO

La section nautique d’intervention offensive est présentée par l’adjudant Vincent. Elle a été déployée en Guyane en 2016, avec des kayaks Nautiraid (et peut-être des plongeurs). Plusieurs régiments du génie ont déjà fourni cette prestation, bien utile pour accumuler le renseignement dans ce département. La SNIO emploie aussi des Zodiac équipés de moteurs Yamaha de 55 chevaux et de 60 chevaux. Elle vient de recevoir de nouveaux sacs étanches Nautiraid offrant une capacité plus que doublée (40 à 90 litres). Le prochain projet d’ampleur est celui du gilet multimission porte-plaques séchant rapidement. Mais, pour l’instant, il n’en est pas encore au niveau de l’appel d’offres. Cet équipement devrait concerner toutes les SNIO conventionnelles (hors COS donc).

L’effectif comporte 13 plongeurs (15 prévus au tableau normalement) avec équipement de plongée Frogs et CODES, produisant moins d’autonomie mais plus petit. Les préselections sont faites au niveau du régiment. « Il faut deux ans pour former un plongeur à partir du recrutement, explique l’adjudant Vincent. Vu l’expérience minimale demandée [trois ans en compagnie de combat), les candidats ont en général 23 à 24 ans. »

SAEP

La section d’aide à l’engagement parachutiste détient les engins spécialisés permettant la mise à terre, comme le TNA (présenté par RAIDS n° 373). Six exemplaires du TNA seront détenus, à terme, remplaçant le TNA D3 qui a servi à Tombouctou en janvier 2013. Assez polyvalent avec lames, il peut être blindé, mais cette protection rajoute une tonne en plus, passant de 6,5 à 7,5 tonnes. Il serait largué sans son blindage par un C-130 ou un Atlas, quand ce dernier aura été qualifié pour les largages opérationnels. 

Ce panorama ne serait pas complet, sans la section FOS (fouille opérationnelle spécialisée, issue de l’Afghanistan) à 15 personnels.

Le 17e RGP aujourd’hui

Le régiment mobilise 1 000 personnels basés à Montauban. Sa mission générale réside dans l’appui de la 11e BP lors de missions de longue durée de type Chammal, mais aussi lors de largages, dans lesquels, on l’a vu, le rôle du régiment est déterminant. A cet égard, le rappel de Tombouctou, puis de Tessalit, en janvier-février 2013, ont frappé les esprits à la 11e BP, mais aussi à Paris. Sans les matériels aérolargables, il aurait été très compliqué d’exploiter l’effet de surprise, sauf à faire monter du matériel par la route, mais c’est beaucoup plus long et plus risqué à cause des IED ou des embuscades.

Du 11 février au 9 juin 2016, le 17e RGP a participé à l’opération Chammal (avec d’autres parachutistes de la 11e BP) en conseillant la 6e division irakienne. Et il participe donc en permanence à Barkhane (via les GCP, en autorelève) ou reste prêt à le faire en base arrière régionale, lors de déploiements en Côte d’Ivoire.

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Jean-Marc Tanguy