Selon la liste publiée dans son récent rapport, le groupe d'investigation AEOW (All Eyes on Wagner) fait état de 1 417 combattants originaires d'une trentaine de pays africains enrôlés dans l'armée russe entre 2023 et 2025, dont 316 sont décédés.

L’Égypte figure en tête de liste avec 444 combattants recrutés, dont 28 morts recensés. Le Kenya, le Cameroun, le Ghana et la Gambie sont également cités comme d’importants viviers de recrutement. Sur cet échantillon, 316 décès ont été confirmés (soit un taux de mortalité supérieur à 22 %), le Cameroun enregistrant le plus grand nombre avec 94 morts sur 335 recrues recensées, suivi de la Gambie avec 23 morts, mais sur 56 recrues recensées. On ne connaît pas le nombre de blessés et de prisonniers parmi les contingents africains. Les méthodes de recrutement de ce que les chercheurs appellent le « business du désespoir » peuvent être classées en trois catégories : les étudiants étrangers présents sur le sol russe avec des visas d’études, qui sont poussés à l’engagement sous la menace d’une expulsion ou par la promesse de la citoyenneté russe ; les travailleurs migrants déjà en Russie pour des raisons économiques, qui se voient proposer de régulariser leur situation en signant un contrat militaire, accompagné de la promesse d’obtenir au terme de leur contrat la citoyenneté russe ; les recrues venues directement depuis l’Afrique où des agences de recrutement font miroiter de faux emplois civils lucratifs. En règle générale, les recrues signent des contrats rédigés en russe et reçoivent une formation militaire sommaire de trois semaines environ, avant d’être envoyées en première ligne.