Pour Téhéran, la « guerre des 12 jours » de juin 2025 a seulement été un épisode au coeur de la confrontation absolue avec les États-Unis et Israël. Pour l’Iran, la question n’est pas de savoir s’il va y avoir un affrontement avec les Américains et Israël, mais quand ?
Les dirigeants iraniens sont bien conscients de leurs faiblesses économiques et sociales avec les grandes manifestations du début janvier, et environnementales à
cause d’une sécheresse catastrophique. Tout cela, associé aux velléités séparatistes des minorités. Cependant, malgré la dangerosité de voir tout exploser, ils arrivent encore à tout contenir. Ainsi, la terrible répression de janvier a maté pour un temps les troubles intérieurs.
Toutefois, le véritable danger serait que deux menaces, l’une venant de l’intérieur du pays et l’autre de l’extérieur avec une attaque américaine (et israélienne), surviennent simultanément. Les experts estiment que le régime ne pourrait pas y faire face. D’autant que les déclarations iraniennes de fermeture totale du détroit d’Ormuz ne font pas peur (sauf aux courtiers en pétrole) et seraient pour l’Iran politiquement très coûteuses, ayant un besoin vital de cette voie maritime.
Début février 2026, les forces américaines pouvaient mener des frappes limitées sur l’Iran, mais pas d’« attaque décisive ». À cette date, les États-Unis avaient encore besoin de renforcer leurs capacités de frappes, mais aussi de défense antiaérienne pour mieux protéger Israël et les pays arabes alliés face à d’éventuelles représailles iraniennes.
Si, dans un premier temps, les Saoudiens et les Émiratis ont refusé l’utilisation de leur espace aérien pour d’éventuelles attaques américaines, Riyad s’est laissé plus tard convaincre qu’une guerre était désormais inévitable. Seul Israël demeure le facteur imprévisible qui pourrait venir brouiller les cartes américano-iraniennes.
Bonne lecture
Eric Micheletti
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