Un communiqué de la présidence diffusé le lendemain précise que le chef de l’État « a ordonné le déploiement d’un bataillon de l’armée dans la circonscription de Kaiama, dans l’État de Kwara, où les terroristes de Boko Haram ont tué pendant la nuit des villageois sans défense à Woro » lors d’une attaque « lâche et bestiale. »
Relativement préservés des actions violentes jihadistes jusque-là, l’État de Kwara était par contre la proie d’une une insécurité multifactorielle entre des bandes criminelles qui terrorisaient les populations en pratiquant des pillages et des enlèvements.
Elles sévissent essentiellement dans le nord-ouest et le centre-nord du pays et cohabitent depuis peu avec des mouvements jihadistes locaux comme le Lakurawa (formé en 2010 dans l’État de Sokoto par des migrants nigériens et maliens) et le Mahmuda aussi appelé « groupe Mallam » arrivé à Kwara venant de l’État du Niger (une province du Nigéria) au début des années 2020 occupant le parc national de Kainji.
Des activistes du Lakurawa principalement basés dans l’État de Sokolo affirment dépendre de l’État Islamique au Grand Sahara (EIGS) actif dans les pays du Sahel(1).
Les mouvements des groupes jihadistes
Initialement basées dans le nord-est du pays, les factions jihadistes avaient peu à peu étendu leur implantation au nord-ouest. Cette dernière action démontre qu’ils ont commencé à descendre vers le sud-ouest.
Si les groupes salafistes-jihadistes présents dans le pays sont plus ou moins issus de Boko Haram – qui a connu plusieurs scissions – et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Islamic State West Africa Province – ISWAP -)(2), Al-Qaida via le GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) actif au Sahel avait affirmé en octobre 2025 avoir mené sa première attaque sur le sol nigérian dans l’État de Kwara.
Les autorités locales avaient alors mis en place des couvre-feux dans certaines régions et fermé les écoles pendant plusieurs semaines. Ces dernières ont été rouvertes le 2 février.
Le président américain Donald Trump a affirmé que les chrétiens du Nigeria sont « persécutés » et victimes d’un « génocide » perpétré par des « terroristes ». Abuja a nié catégoriquement affirmant que les violences touchent globalement chrétiens et musulmans.
L’armée américaine a mené des frappes aériennes dans l’État de Sokoto le 25 décembre 2025, ciblant, selon elle, des membres de Daech.
La coopération militaire entre les deux pays qui existe depuis des années s’est renforcée ces derniers mois avec la fourniture d’armements, le partage de renseignements et le déploiement de conseillers américains auprès de l’armée nigériane.
Une bonne nouvelle
89 chrétiens détenus depuis le 18 janvier après l’attaque de trois églises par des gangs criminels dans le district à majorité chrétienne de Kajuru, dans l’État de Kaduna dans le nord du Nigeria ont été libérés le 5 février par les autorités locales.
Sur les 183 personnes initialement enlevées lors de l’attaque, onze avaient réussi à s’échapper. 83 avaient déjà été libérées au début février.
Bien qu’illégal au Nigeria, le paiement de rançons est souvent pratiqué par les autorités.
(1) Voir : « Le groupe État Islamique a attaqué l’aéroport de Niamey » du 4 février 2026.